Des grenouilles congelées reviennent à la vie

[youtube UuhEHNey37Q] L’hibernation est un phénomène commun chez les grenouilles. Elles se cachent dans la vase ou dans une galerie souterraine où elles passent les quatre mois d’hiver avant de réapparaître en mars. Mais le spécimen de la vidéo a lui été complètement gelé, à une température de -18°, dur comme un glaçon. Une fois dégelé, il a repris vie comme si rien ne s’était… [more]

Des grenouilles congelées reviennent à la vie Des grenouilles congelées reviennent à la vie

Nouvelle ... Ma vie après que je sois mort

Lorsque j’ai ouvert les yeux, la première chose qui m’a frappée fut la lumière qui régnait dans la pièce. Je ne distinguais aucune lampe, mais il y avait comme une source omniprésente qui produisait un halo autour des objets. Je suis resté là à contempler un cadre où défilaient tout un tas d’images reposantes, de nature et d’animaux. Je ne savais pas où j’étais, mais étrangement,… [more]

Nouvelle ... Ma vie après que je sois mort Nouvelle ... Ma vie après que je sois mort

Comment produit-on de l'azote liquide ?

L'azote liquide, ce n'est pas un produit qu'on trouve dans un des rayon des grandes surfaces aujourd'hui. Mais d'où est-ce que cela provient ? Peut-on en produire soi-même ? Comment cela se stocke t-il et est-ce que c'est un polluant ? Nous allons tenter de répondre à toutes ces questions. L'air est composé à près de 80% de diazote. On l'appelle également nitrogène, mais ce n'est pas l'appellation… [more]

Comment produit-on de l'azote liquide ? Comment produit-on de l'azote liquide ?

Des corps sortis du temps : conservation des corps dans l'Egypte ancienne

Les égyptiens n'ont pas été les premiers à conserver leurs morts : entre 6000 et 1000 avant J-C, les Chinchorros (sur les cotes du Pérou) avaient développé des techniques élaborées de "reconstitution" des cadavres par décarnisation, bourrage et utilisation de la peau pour habiller le corps remodelé. Les égyptiens étaient de longue date des chasseurs et des pêcheurs; ils savaient que… [more]

Des corps sortis du temps : conservation des corps dans l'Egypte ancienne Des corps sortis du temps : conservation des corps dans l'Egypte ancienne

Rajeunir les tissus musculaires humains – c’est possible !

Dans cet article, nous allons revenir sur une étude réalisée par des chercheurs de l'université Berkeley en Californie qui ont identifié un mécanisme biochimique critique qui entre dans le cadre du vieillissement musculaire. En manipulant ce mécanisme, les scientifiques ont été en mesure d'inverser le vieillissement des muscles humains, en restaurant leurs capacités à se réparer. L'étude… [more]

Rajeunir les tissus musculaires humains – c’est possible ! Rajeunir les tissus musculaires humains – c’est possible !

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Voici en exclusivité une petite interview de Stephan et Magali Beauregard pour le portail francophone de la cryonie (PFC). PFC : Beaucoup d'internautes pensent que la cryonie, c'est de la science fiction, et que c'est un projet un peu fou en fin de compte... SB : Au début du dernier siècle, peu de gens aurait imaginé voir voler des avions pesant des milliers de tonnes, aller dans l`espace… [more]

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3) Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Hibernation et extension de la durée de vie

Effervesciences n°72 Sept-Oct 2010 nous présente un article intéressant sur l’hibernation. Nous avons déjà traité de l’utilisation de l’animation suspendue pour sauver des vies sur un champ de bataille ou après un accident violent. Nous allons ici nous attacher plutôt à décrire ce phénomène chez l’animal.

L’hibernation est un état d’hypothermie régulée, durant plusieurs jours ou semaines qui permet aux animaux de conserver leur énergie pendant l’hiver. La diminution de la température interne entraine un ajustement des différentes fonctions. Le métabolisme diminue de 98% durant l’hibernation. Il y a diminution de la consommation d’oxygène, du rythme respiratoire, du rythme cardiaque (de 350 à 3 battements par minute pour le spermophile, de 500 à 5 pour le lérot), du flux sanguin (avec un irrigation particulière pour le cerveau et le cœur, ainsi que pour le tissus adipeux), du taux d’hormones de croissance. Seulement certaines zones du cerveau restent actives. Mais il ne faut pas croire que l’animal ne se réveille pas – le réveil est très rare au début, puis devient de plus en plus fréquent avant la sortie d’hibernation. Ces réveils de quelques heures sont fondamentaux, sinon l’animal meurt. Ils permettent d’éliminer les déchets de l’organisme. 90% de la perte de poids pendant l’hibernation est due à ces phases de réveil. On observe d’ailleurs une régression synaptique réversibles chez les hibernants, tout comme les personnes atteintes d’un Alzheimer (non réversible bien entendu). Les chercheurs estiment que l’hibernation est un gain en terme d’énergie, mais l’animal ne doit pas dépasser 7Kg car au delà, l’énergie nécessaire lors des périodes de réveil est trop conséquente. C’est ainsi que j’ai appris que l’ours n’est pas un hibernant, sa température ne baisse pas (mais ses battements cardiaques diminuent légèrement) ! Il en est de même pour les blaireaux, les ratons laveurs et les opossums. Les ours sont des semi-hibernants.

Plusieurs mois avant la période d’hibernation, les hibernants stockent et consomment énormément de nourriture. Par exemple, le spermophile passe de 150 grammes de masse corporelle à 350 grammes. Les réserves sont essentiellement des réserves lipidiques stockées sous la peau. Les hibernants aménagent ensuite leur terrier que l’on nomme une hibernaculum. L’hibernaculum est choisi pour éviter des variations thermiques importantes. Les animaux se mettent dans une position qui garde le maximum de chaleur, généralement en boule. La température corporelle de l’animal chute alors de façon spectaculaire jusqu’à ce que la température interne s’approche de °C ou 2 °C.

Au niveau cellulaire :  Les processus cellulaires sont stoppés ou tout au moins fortement ralentis de plusieurs manières :

  • Phosphorylation : Des groupes phosphoryles se fixent sur les pompes à sodium et à potassium, empêchant ainsi les échanges de ces ions entre les compartiments intracellulaires et extracellulaires. De plus, des groupements phosphoryles s’attachent aux ribosomes, ce qui bloque la synthèse protéique.
  • Source d’énergie cellulaire pendant l’hibernation : Alors que l’énergie cellulaire est en temps normal principalement tirée de l’oxydation de molécules de glucose, ce sont les lipides qui deviennent la source d’énergie prioritaire pendant l’hibernation.
  • Ralentissement de la transcription de l’ADN :  Une acétylase favorise la transition des histones de leur état acétylé vers l’état désacétylé. Ceci provoque une condensation accrue de l’ADN, qui s’enroule alors plus étroitement autour des histones, et rend les gènes beaucoup moins accessibles. En outre, les ARN polymérases ne sont plus actives, ce qui réduit encore les possibilités de transcription.

La diminution du métabolisme permet-elle une économie en terme de durée de vie ? Nous savons que les régimes hypocaloriques entraine une diminution du métabolisme et donc un ralentissement du vieillissement. L’hibernation procède t-elle du même acabit ? Rien n’est certain de ce coté. On peut le subodorer, mais il faut pour cela connaitre le stress provoqué par les phases de réveil. Ces petits chocs violents sont-ils délétères pour l’organisme, ne viennent-ils pas gâcher l’économie réalisée par le métabolisme durant la phase de sommeil ? Je ne sais pas si une étude a déjà été réalisée sur la question – il suffirait de prendre 2 populations de rongeurs et d’empêcher l’une d’elle d’hiberner et de relever les durées moyennes de vie des deux populations.

Sources :

La science face à la réincarnation

Certaines personnes se demandent si la cryonie n’est pas incompatible avec l’existence d’une vie dans l’au-delà, ou encore, avec le concept de réincarnation. Analysons de plus près ce phénomène à la lumière de la science avant de commencer une réflexion à ce sujet. Selon Platon,  1000 ans séparent une naissance d’une renaissance: 100 années sur Terre suivies de 900 de purgatoire sous Terre. Pythagore se rappelait de 4 vies antérieures. Même dans la bible, on trouve des traces de cela alors que cela semble en contradiction avec la notion de jugement final et de résurrection des corps. En terre chrétienne, un quart des français croit en la réincarnation.  Mais qu’en dit la Science ?La science doit traiter des faits – mais nous ne disposons que de témoignages à ce niveau. Des données vierges, des expériences que l’on peut répéter, c’est très difficile, voir impossible à obtenir. Les témoignages des jeunes enfants se « souvenant » d’autres vies passées sont difficiles à recueillir et ceux des adultes demandent souvent des méthodes d’hypnose régressive mettant le sujet dans un état de forte suggestibilité. Des chercheurs américains ont mis en place un programme nommé ASVA pour analyser les souvenirs de vies antérieures en recueillant des milliers de témoignages. L’américain Ian Stevenson, précurseur dans le domaine,  a lui aussi recueilli plus de 3000 témoignages en parcourant le monde. Les résultats de Stevenson semblait donner du crédit à la théorie de la réincarnation. Ce qui choque quand on examine les témoignages, c’est que les souvenirs portent souvent sur de grands destins : on se souvient plus facilement d’une vie de pharaon que de celle d’un paysan. Et comme on dispose de plus d’informations sur les pharaons que les paysans de cette époque, on serait amené à douter justement de cette thèse, l’explication la plus simple étant souvent la meilleure. Les psychanalystes semblent privilégier d’autres pistes : personnalités multiples, cryptomnésie, archétypes, créativité imaginaire, théorie de Jung sur l’inconscient collectif, etc. C’est une autre façon d’expliquer le phénomène sans avoir besoin de passer par la réincarnation.

Aucune des preuves apportées aujourd’hui par les témoignages n’a pu être certifiée d’une part, et d’autres parts, d’autres explications sont possibles. La réincarnation est souvent associé au karma et il ne faut pas oublier que le karma a été une arme brandit par une minorité de puissants pour faire accepter au peuple un destin misérable qui leur permettra d’accéder à une vie meilleure, mais dans une autre vie. La réincarnation est peut-être une croyance fausse comme beaucoup d’autres, même si nous pouvons en avoir l’intuition. N’avons nous pas l’intuition qu’une boule de pétanque en métal tombe plus vite qu’une boule de la même taille en plastique creux ? Et pourtant, c’est une fausse croyance comme celle de penser que la Terre est plate. Ce n’est peut-être pas le cas de la réincarnation, mais nous devons prendre ces doutes en considération.

Maintenant, imaginons que la réincarnation soit une réalité. En quoi la cryonie est-elle incompatible avec elle ? L’existence de l’âme ? La plupart des mystique s’entendent sur le fait que l’âme n’a pas d’empreinte spatiale ou temporelle. Elle « est » de tout temps. Ce qui signifie que 10 ans ou 10.000 ans se déroulent au même instant à son échelle. La cryonie et la possibilité de vivre plus longtemps ne signifie en rien l’immortalité. Il existera toujours de multiples façons de mourir et cela sera peut-être une choix raisonné au bout de plusieurs milliers d’années de vie. Dans ce cas, l’âme continuera son bonhomme de chemin sans avoir eu l’impression d’avoir perdu son temps. Qu’en pensez-vous ?

Source : Science Revue N°43 Aout-Octobre 2010

J’ai lu pour vous … Gilgamesh le roi d’Ourouk de Robert Silverberg


Gilgamesh est probablement le premier homme dont on ait une trace écrite et qui a recherché l’immortalité de tout son être. C’est la raison pour laquelle j’avais envie de vous en parler sur ce site. Voici certainement le plus étrange roman de Robert Silverberg, l’un des géants de la SF contemporaine.  L’un des plus anciens documents écrits connus (il daterait de 2 500 av. J.-C.), qui a inspiré des textes sacrés parmi les plus importants de la civilisation judéo-chrétienne, L’Épopée de Gilgamesh est un texte majeur de l’histoire de l’humanité. Fasciné par ce matériau peu commun, Silverberg s’en est inspiré pour raconter sur un mode épique les aventures du roi d’Ourouk, mythique souverain sumérien (l’actuelle Irak).

Dans les tablettes originelles, Gilgamesh, de la ville d’Uruk, est dur et intransigeant. À la demande de ses sujets, la déesse Aruru lui confectionne avec de l’argile un double hirsute mais bon, Enkidu, qu’il rencontre en duel. Au terme du combat, tous deux comprennent leur complémentarité et s’allient pour accomplir de grands exploits. Mais Enkidu meurt et Gilgamesh, au comble de la tristesse, part à la recherche du secret de l’immortalité auprès d’Uta-Napishtim, qui lui fait l’étrange récit d’un déluge. Au moment de partir il lui révèle l’existence d’une plante de jouvence. À peine Gilgamesh a-t-il pu se procurer la plante qu’il se la fait dérober par un serpent et comprend qu’il n’est pas dans la nature de l’homme de vivre immortel. Une telle quête est vaine et l’on doit profiter des plaisirs qu’offre la vie présente. La similitude est frappante entre un Gilgamesh, roi de Uruk, deux tiers dieu et un tiers humain, effectuant une série d’œuvres devant le mener à l’immortalité, et Hercule, Gloire de Héra, moitié dieu et moitié homme, effectuant 12 travaux qui le mèneront à son tour à l’immortalité.

Voici quelques passages du livre qui nous permettent d’appréhender le personnage :

Suite à la mort de son ami Enkidu, Gilgamesh entreprend un périple : « J’AI REPRIS ma longue pérégrination; mais toute détresse et démence qu’elle fût, elle avait désormais un but. Je ne pourrais dire combien de mois j’ai marché de la sorte, à travers quelles steppes, quelles vallées, quelles plaines. Je cheminais parfois péniblement face à l’astre solaire, œil immense et furieux de blanche incandescence qui m’étourdissait; parfois le soleil se tenait dans mon dos, pâle et bas sur l’horizon; parfois encore sur ma gauche. Mais j’ignorais quelles directions j’empruntais. J’ai croisé des rivières et je les ai franchies à la nage; je doute qu’il se fût jamais agi de l’un ou l’autre des deux fleuves du Pays. J’ai traversé des marécages et des territoires de sables humides comme une fange sous mes pas. J’ai franchi des dunes et de vastes étendues arides. Je me suis frayé passage dans des halliers de joncs épineux qui me tailladaient la chair comme des ennemis vindicatifs. Je me nourrissais de lièvre, de castor, de sanglier et de gazelle, à défaut de quoi je me contentais de lion, de chacal et de loup; si la terre n’était pas giboyeuse, je mangeais des racines, des noix et des baies sauvages. Et quand il n’y avait rien à manger, je m’en passais sans peine. Une force divine m’habitait. De nature divine était aussi ma quête. » [P293]

« CE FUT un voyage de peu d’agrément, semé d’embûches. Je n’en garde pas un souvenir attendri. J’ai mis des jours et des jours à descendre le versant méridional de la montagne sous une chaleur torride ; le soleil, dans sa course ascendante, me frappait comme un gong brutalement sonore. Je craignais que sa violence ne m’aveugle et m’assourdisse à la fois. Les nuits apportaient l’âpre froidure des vents hurleurs, mordants comme lame. Les rochers aux arêtes coupantes étaient branlants ; si je faisais un faux pas, ils glissaient en me projetant aux narines des nuages de poussière rouge et sèche. Par deux fois je me suis blessé les jambes dans l’escalade; cent fois je me suis coupé dans une chute. La soif me torturait en permanence. Tout au long du dévers, des essaims acharnés d’insectes agressifs me tournaient autour du visage, cherchant mes yeux. Pour toute nourriture je ne trouvais que les lézards endormis au soleil ainsi que les insectes sauteurs à longues pattes qui abondaient en ces lieux. En guise d’eau je mâchais les brindilles des plantes chétives dont la sève me brûlait la bouche. Du moins, je n’ai pas croisé de démons. Des lions parfois, tout aussi poussiéreux et lamentables que moi-même, et qui se sont tenus à l’écart. Souvent je doutais de survivre jusqu’au bas de la pente et quelquefois la certitude de l’échec me gagnait. L’impossible cependant, je l’ai constaté, à l’épreuve se révèle souvent très difficile sans plus, parfois même malaisé seulement. Tel fut le cas. Je n’irai pas jusqu’à dire que descendre cette montagne était aisé : aucun autre homme peut-être n’y serait parvenu » [P301]

«  Je suis Gilgamesh, ai-je répété. Alors, la force et la chaleur que je sentais en elle m’ont conduit à la confidence. De pot de bière en pot de bière je lui ai parlé d’Enkidou, mon frère, mon ami que j’avais tendrement aimé, qui traquait l’âne sauvage des collines et la panthère des steppes. Je lui ai dit notre compagnonnage, nos chasses en commun, nos joutes amicales, nos fêtes partagées; les exploits qu’ensemble nous avions accomplis. Je lui ai dit le mal qui l’avait abattu, je lui ai dit son trépas et le deuil qui m’avait affligé. « Sa mort me pèse ainsi que la plus douloureuse des pertes. Comment pourrais-je connaître la paix? L’ami que je chérissais tant s’en est retourné à l’argile.

  • Ton ami a péri et tu t’es beaucoup lamenté. Oublie-le maintenant. Aucun chagrin n’égale celui que tu as enduré.
  • Tu ne me comprends pas.
  • Alors explique-moi. Elle m’a servi une autre bière.
  • Avant de répondre j’ai pris une longue gorgée de la boisson douce et mousseuse. « Sa mort m’a plongé dans la crainte de ma propre disparition. Et c’est depuis ce temps que je parcours le monde à l’aventure.
  • Tous, nous devons mourir.
  • Toujours et partout j’entends dire ces mots : l’homme-scorpion dans la montagne, Utu du haut du firmament me les ont répétés ; toi-même aujourd’hui. Faut-il vraiment que je m’étende un jour comme Enkidou pour ne plus jamais me relever dans les siècles des siècles ?
  • C’est ainsi, Gilgamesh », a-t-elle conclu d’une voix sereine.
  • Une fureur brûlante me gagnait. Combien de fois n’avais-je pas entendu cette réponse : C’est ainsi, c’est ainsi, qui résonnait à mes oreilles comme le bêlement du mouton? N’y avait-il que moi pour contester l’autorité souveraine de la mort ?
  • Non ! Me suis-je écrié. Je ne l’accepte pas ! Je continuerai mon chemin, j’irai de par la terre entière s’il le faut, jusqu’à ce que je sache comment échapper aux griffes de la mort ! »
  • L’aubergiste s’est approchée, elle a posé un long regard sur moi. Sa main s’est doucement abaissée sur mon bras. Une fois encore j’ai ressenti la force émaner d’elle, et la tendresse au coeur de cette force. Une aura de bonté entourait cette femme, elle possédait l’énergie tranquille d’une mère. Benoîtement elle m’a dit : « Gilgamesh, Gilgamesh, où cours-tu? La vie éternelle que tu cherches, jamais tu ne la trouveras. Finiras-tu pas l’admettre? C’est lorsqu’ils ont créé l’humanité que les dieux ont aussi créé la mort. La mort qu’ils nous ont destinée, tandis qu’ils se gardaient pour eux la vie.
  • Non. Non. Ma voix n’était plus qu’un murmure.
  • C’est ainsi. Oublie ta quête et profite de la vie qui t’est donnée. Que ton ventre soit repu, que la joie emplisse tes jours et tes nuits, la danse et le chant, la fête et les plaisirs. Dépouille-toi de ces hardes, ne t’habille plus que de propre et de frais. Chéris l’enfant qui te tient par la main, chéris l’épouse qui se réjouit de ton étreinte. C’est ainsi, Gilgamesh, c’est également ainsi. Et c’est la seule façon de vivre : dans la joie, tant que dure la vie. Cesse de broyer du noir et renonce à ta quête.
  • Jamais je ne trouverai le repos.
  • Ce soir au moins, pour une fois. » [P310-311]

« Que te reste-t-il à redouter, Gilgamesh ? Je l’ai regardé en silence. L’émotion paralysante qui m’avait submergé refluait, mais la parole m’était encore difficile et je me contentais de le fixer. Hormis les expressions de son visage, il demeurait aussi figé d’une pierre. Je me suis même demandé si je ne contemplais pas une statue, un ingénieux artefact manoeuvré par un prêtre caché sous le sol au moyen de cordages. Au bout d’un instant je me suis décidé : Je redoute ce qu’il est donné à tout homme de redouter.

D’une voix très lointaine il a demandé : À savoir ?

  • J’avais un ami, comme un autre moi-même ; la maladie l’a saisi, la mort l’a emporté. Depuis ce jour, l’ombre de ma propre mort est tombée sur moi. Elle obscurcit ma vie. Je la vois s’allonger et ne vois plus rien d’autre. Père, j’ai peur.
  • Ainsi le héros tremble de mourir. Impossible de dire s’il se moquait.
  • Non pas de mourir, l’ai-je repris. Mourir n’est qu’une souffrance, je connais la souffrance et ne la crains pas tant. Car elle se dissipe. C’est de la mort que j’ai peur. C’est de me voir précipité dans la Maison de la poussière et de l’ombre afin d’y demeurer pour l’éternité.
  • Là où ta royauté te sera retirée, où tu ne boiras plus le vin capiteux dans une coupe d’albâtre? Où nul ne chantera plus ta gloire, où le confort te fera défaut ?
  • C’était injuste de sa part. J’ai répliqué sèchement : C’est faux. Crois-tu que j’attache tant de valeur au confort, moi qui de mon plein gré m’en suis allé de ma cité pour parcourir, errant, les terres sauvages ? Crois-tu que le vin me soit indispensable, ou les beaux vêtements, les harpistes pour chanter mes exploits? Ce sont choses que j’apprécie : qui les repousserait ? Mais je ne redoute pas d’en être privé.
  • Alors dis-moi ce qui t’effraie.
  • Subir la perte de mon être. Mener l’existence d’une ombre ayant quitté la vie, pauvre chose de cendres qui traîne ses ailes dans la poussière. Cesser de percevoir; cesser de courir; cesser de voyager; cesser d’espérer. Car Gilgamesh c’est tout cela, et dans ce lugubre séjour il n’y aura plus de Gilgamesh. Toute ma vie, saint père, se résout en une quête ; je ne supporte pas que cette quête prenne fin.
  • Toutes choses ont une fin pourtant.
  • Est-ce bien vrai ?

Il m’a fixé du regard soutenu de ses yeux laiteux d’aveugle, comme s’il scrutait mon âme. Si nous bâtissons une maison, la croyons-nous indestructible? Si nous signons un contrat, le tenons-nous pour un lien éternel? Après la crue, les eaux de la rivière ne se retirent-elles pas? Rien n’est durable. La libellule vit son premier âge dans un cocon ; puis elle éclôt, elle entrevoit un moment le soleil ; et disparaît. Il en va de même pour le genre humain. Le serviteur et le maître tous deux disposent de leur bref instant, le temps d’apercevoir le soleil. C’est ainsi. Ces mots encore, qui me réduisaient au désespoir !

  • C’est ainsi ! Ai-je crié. Toi aussi me dis cela, mon père ?
  • Peut-il en être autrement? La même destinée nous est à tous dévolue.
  • J’ai répliqué, avant de pouvoir contrôler mes paroles : Et même à toi, saint père ?
  • Une remarque grossière autant que stupide, et mes joues se sont empourprées aussitôt. Mais il est resté impassible. Nous parlerons de moi une autre fois, m’a dit le Ziusoudra calmement. Aujourd’hui, c’est de toi qu’il s’agit. Et voici ma pensée, Gilgamesh d’Ourouk : non, tu ne crains pas tant la mort que tu n’enrages de devoir t’y soumettre.
  • Quelle différence ? Ai-je fait. Peur ou rage ? Je n’en vois pas. Ce que je vois, c’est un monde plein de joies et de merveilles que je n’ai pas désir de quitter. Mais il le faudra bientôt.
  • Non, pas si tôt, Gilgamesh.
  • Pourquoi ? Connais-tu le nombre de mes jours à vivre ?
  • Moi? Non, certes non. Je ne voudrais pas t’abuser à ce sujet. Mais te voici encore jeune et très vigoureux. Il te reste bien des années devant toi.
  • Si nombreuses soient-elles, c’est encore trop peu. Car elles sont comptées, mon père.
  • Et c’est ce qui provoque ta colère.
  • Ce qui provoque ma détresse profonde.
  • Alors, dans ta détresse, tu es venu me trouver.
  • C’est vrai.
  • Est-ce la sagesse que tu sollicites de moi ou bien est-ce la vie?
  • Je ne puis rien te cacher. Je suis venu chercher la vie, saint père. La sagesse est d’une autre nature. Elle viendra, j’espère, avec le temps ; mais c’est de temps que j’ai besoin.
  • Et tu crois possible, parvenu sur cette île, d’obtenir ce temps pour toi-même.
  • Je l’espère, oui.
  • Alors puissent les dieux t’accorder ce que tu désires », a dit le Ziusoudra. Un long silence s’en est suivi. Sa tête s’est affaissée sur sa poitrine, il a paru se perdre dans ses pensées : il a froncé les sourcils, pincé les lèvres, soupiré. Je sentais bien que je l’avais fatigué; je n’osais plus prononcer un mot. Interminable, l’instant qui s’écoulait. Allez, me disais-je tout bas, viens vers moi, donne-moi ta bénédiction, enseigne-moi le secret de la vie éternelle. Mais lui de soupirer encore, de se renfrogner à nouveau.

Puis il a levé la tête et m’a fixé des yeux avec une telle intensité que j’avais du mal à le croire aveugle. Il a souri et m’a dit doucement : « Gilgamesh, il faudra que nous reparlions de ces choses. Je t’enverrai chercher un autre jour. » Et du plus faible des gestes il m’a congédié. J’ai senti qu’un invisible rideau descendait entre nous. Assis devant moi se tenait encore le Ziusoudra, mais il n’était plus là. Alors Lou-Ninmarka, qui était resté auprès de moi depuis le début, s’est avancé pour me toucher le coude. Je me suis relevé ; j’ai présenté mon salut ; j’ai pris congé. Et j’ai suivi Lou-Ninmarka par le labyrinthe obscur qui menait au monde extérieur, comme celui qui marche dans son sommeil. » [P335-338]

« Oui, mes journées sont lourdes et chargées. En vérité, il ne me reste guère de repos. Mais je n’aimerais pas qu’il en fût autrement. Concevoir, œuvrer, construire, faire : est-il une autre façon de vivre? Là réside le salut de nos âmes. Écoutez la musique nous venir du patio : le harpiste joue de son instrument, et par les mélodies qu’il compose il paie le prix de sa naissance au monde. Voyez l’orfèvre courbé sur son établi. Le charpentier, le pêcheur, le prêtre, le roi; c’est dans l’exécution de nos tâches que nous répondons à l’attente des dieux. Nous n’ avons pas été créés dans cette vie pour autre chose. Le caprice des dieux nous a précipités dans un monde incertain où règne la précarité ; il nous faut, dans ce tourbillon aléatoire, trouver à nous assujettir en lieu sûr. Nous obtenons cela par le travail ; le mien est d’être roi.

Ainsi je me donne à l’ouvrage, mon peuple fait de même. Les temples, les canaux, les murs de la cité, l’empierrement des rues… comment nous arrêter de réparer, reconstruire, restaurer ? C’est ainsi. Les rites et les sacrifices par lesquels nous contenons le flot des puissances du chaos… comment nous interrompre de les observer? C’est ainsi. Nos tâches nous sont connues, nous nous en acquittons, tout est en ordre. Oyez cette musique dans le patio ! Tendez l’oreille ! Écoutez-la !

Bientôt – fasse le ciel que l’heure en soit différée ; pourtant je serai prêt quoi qu’il advienne – bientôt, j’entreprendrai mon ultime voyage » [P388-389]

Quelques mots pour conclure

La plupart de ceux qui ont opté pour la cryonie chérissent le même vœu que Gilgamesh qui cherche à ne pas sombrer dans le néant, de profiter encore d’avantage de l’instant présent. Sa quête est motivante, il lui faut affronter de multiples périples, ainsi que l »incrédulité générale des gens de son époque qui ne comprennent pas ce que Gilgamesh a entrepris. « On meurt – c’est ainsi ! « , cela sonne comme une fatalité. Nous avons tous entendu cela de nos proches, de nos amis ou de personnes avec lesquelles nous discutons. Je n’aime pas la fin du livre, cela sonne comme un commandement : celui d’arrêter cette quête vaine qui n’est pas faite pour l’homme, même pas pour un demi-dieu ! Gilgamesh est l’archétype de l’alchimiste qui ne trouve que la sagesse au cours de sa recherche de l’élixir de vie qui est extrait de la pierre philosophale. Je préfère penser que Gilgamesh a finit par trouver ce qu’il cherchait… et vous ?

Pour poursuivre l’aventure : « l’épopée de Gilgamesh » sur wikipédia.

L’ANT, une protéine capable de bloquer la mort cellulaire programmée (Apoptose)

L’apoptose ou mort cellulaire programmée est un processus naturel d’élimination des cellules surnuméraires, endommagées ou âgées. Elle permet aux organismes vivants de contrôler le nombre de leurs cellules. Une dérégulation de ce mécanisme est mise en cause dans environ la moitié des pathologies humaines. Ainsi, un excès de mort cellulaire conduit à des pathologies comme le SIDA ou à des maladies neurodégénératives et un défaut de mort engendre des maladies comme le cancer ou des maladies auto-immunes. De ces observations découle l’hypothèse selon laquelle les protéines impliquées dans le processus d’apoptose pourraient être de bonnes cibles thérapeutiques et ceci, pour un grand nombre de maladies. Dans ce contexte, en 1998, l’équipe de Guido Kroemer, directeur de recherche à l’Institut Gustave Roussy, et Catherine Brenner (alors en stage post-doctoral dans son équipe CNRS à l’hôpital Paul Brousse, Villejuif) avaient découvert que la protéine mitochondriale ANT ou translocateur de nucléotides à adénine, jouait un rôle clé dans le contrôle de l’apoptose.

Depuis, les chercheurs ont approfondi cette étude dans une perspective thérapeutique. Ils ont mis en évidence, pour la première fois, que le blocage de la mort cellulaire programmée au niveau de la mitochondrie est une stratégie permettant d’améliorer le pronostic de trois pathologies différentes comme l’hépatite fulminante, le choc septique dû à l’enterotoxine B du staphylocoque et l’infarctus provoqué par l’occlusion d’une artère cérébrale.

L’équipe de Catherine Brenner et Guido Kroemer a ensuite montré que des molécules déjà utilisées dans le cadre de la trithérapie du SIDA, comme le nelfinavir et le ritonavir, pouvaient avoir une activité thérapeutique importante, indépendamment de l’infection virale par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Leurs effets ont été démontrés chez la souris à la fois in vivo et in vitro, et in vitro dans des modèles de culture de cellules humaines. La cible de ces molécules a été identifiée comme étant une protéine mitochondriale, la protéine ANT. Ses interactions avec le nelfinavir ont été modélisées en trois dimensions (figure 1). Les deux molécules, le nelfinavir et le ritonavir, trouveraient ainsi de nouvelles applications en médecine préventive.

Ces travaux permettent d’envisager de nouvelles perspectives thérapeutiques. Ils ouvrent la voie à la recherche d’autres inhibiteurs de la phase mitochondriale de l’apoptose pour des pathologies comme le diabète ou les maladies neurodégénératives.

Source : CNRS

S&V n°742 : Le gène de l’immortalité

C’était il y a plus de 30 ans, le mensuel Science & Vie de Juillet 1979 titrait : « le gène de l’immortalité » en se basant sur les dernières découvertes du Professeur Roy Walford. Pour certains, ce nom n’est pas inconnu puisqu’il est le principal scientifique de la première équipe de Biosphère 2. L’article était assez tape à l’œil car ce gène n’a pas été identifié – Le système immunitaire étant un programme  fort complexe. L’idée est qu’un système immunitaire performant nous permet de vivre plus longtemps. Cela va de soit aujourd’hui, mais ce n’était pas aussi évident à l’époque. Nous savons que le vieillissement est lié à une forme d’usure des cellules, mais qu’elles n’arrivent jamais ou presque en sénescence réplicative. Les radicaux libres dont on parle souvent font partie des variables du problème : plus le système immunitaire sera performant, plus il pourra lutter contre les mauvaises cellules et aider à réparer celles qui peuvent être sauvées.

Roy Lee Walford (29 juin, 1924 San Diego, Californie – 27 Avril, 2004) était un médecin américain, pionnier dans l’étude de la longévité. Il est mort à l’âge de 79 ans d’un arrêt respiratoire, complication d’une sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig). Il était un des plus fervent défenseur de la restriction calorique comme méthode pour accroître la longévité et améliorer la santé.

Par curiosité, cela ne vous dit pas de lire l’article de 1979 ? Rien que vous yeux :)

Walford est l’auteur de plusieurs livres, et il a fait le point sur ses convictions diététiques dans le bestseller Un régime de longue vie (1987) traduction de The 120-Year Diet (1986) – réédité en 2000 uniquement en anglais sous le titre Beyond the 120-Year Diet. En outre, il a publié au moins 340 articles scientifiques, principalement à propos du vieillissement biologique.

Le Dr. Walford est l’auteur ou le coauteur des livres suivants:

  • « Leukocyte Antigens and Antibodies », Grune and Stratton, Inc., 1960, New York
  • « The Isoantigenic Systems of Human Leukocytes: Medical and Biological Significance », dans Series Haematologica Volume 2, Munksgaard, Copenhagen,1969, p. 1–96
  • « The Immunological Theory of Aging », Munksgaard, Copenhagen,1969,
  • « Maximum Life Span », W.W. Norton & Co, New York, 1983, (ISBN 0-380-65524-1)
  • « La vie la plus longue », Editions Robert Laffont S.A., Paris, 1984, (ISBN 2-221-01085-X)
  • The 120-Year Diet », Simon and Schuster, New York,1986,(ISBN 0-671-64904-3)
  • « Un régime de longue vie », Editions Robert Laffont S.A., Paris, 1987, (ISBN 2-221-05171-8)
  • « The Retardation of Aging and Disease by Dietary Restriction », Charles C. Thomas, New York,1988
  •  » The Anti-Aging Plan », Four Walls Eight Windows, New York,1994,(ISBN 1-569-24383-2)
  • « Beyond The 120-Year Diet », Four Walls Eight Windows, New York,2000,(ISBN 1-568-58157-2)

Connaissez vous le respirianisme ?

Peut-on survivre sans prendre de nourriture ni d’eau pendant des semaines, des années voire des décennies? La plupart des gens, scientifiques ou spécialistes répondront spontanément : c’est impossible ! Mais comment réagiront ces mêmes scientifiques et spécialistes lorsqu’ils seront confrontés aux preuves, rapports certifiés, interviews et expériences en laboratoire à l’appui, constatant que ce phénomène, parfois aussi désigné par «Respirianisme», existe ?

Le film ci-dessus est une enquête passionnante et intrigante autour du monde. Il explore non seulement la connaissance issue des traditions spirituelles asiatiques, mais dévoile aussi les derniers modèles d’explications tirés de la physique quantique.

Le terme inédie (parfois appelé respirianisme ou pranisme) s’emploie à propos d’une personne qui ne se nourrit pas  sans raison physiologique particulière, ni médicalement expliquée. Ce jeûne est volontaire et le cas de contrainte par des tiers, prisonniers ou otages, par exemple, n’est pas considéré ici. Le jeûne est total : ni eau ni nourriture. Il peut durer pendant des mois, voire des années, et il est souvent présenté par le sujet comme étant d’origine mystique. D’un point de vue scientifique, sans eau, l’espérance de vie pour un être humain en bonne santé dépasse difficilement une semaine, le record étant de 18 jours selon le Livre Guinness des records. Sans nourriture solide, il n’est pas possible de survivre au-delà de quarante à soixante jours.

Avec la notion de respirianisme est associée une théorie selon laquelle l’être humain aurait la possibilité de se nourrir directement de l’énergie présente partout (désignée sous de multiples termes : le Prana (mot sanscrit), le chi ou qi ou ki, l’énergie vitale universelle…) sans passer par l’intermédiaire de la voie digestive. Cette théorie n’a jamais été vérifiée scientifiquement. D’autres sources pensent que cela a un rapport avec la lumière du soleil.

Les cas célèbres :

  • Ellen Greve : Mise au défi d’apporter la preuve de ses dires par une équipe de télévision australienne, Ellen Greve a accepté il y a quelques années d’être filmée à son domicile, puis surveillée par une équipe de vigiles femmes dans un hôtel dans une zone urbaine polluée. Après des difficultés dans cette chambre d’hôtel, elle fut transférée à sa demande dans une retraite en pleine nature afin de pouvoir respirer l’air frais d’où proviennent apparemment « 70% de ses nutriments ». Au bout du quatrième jour de jeûne sans eau, le médecin supervisant l’expérience, Beres Wenck, présidente de la branche du Queesnland de l’Association médicale australienne, lui a fortement recommandé d’arrêter l’expérience par peur pour sa santé. Selon ce médecin, les pupilles de Greve étaient dilatées, son discours était ralenti et elle était « déshydratée ». Vers la fin du test, le médecin déclarait : « Son pouls est le double de celui de qu’elle avait au départ. Elle risque une insuffisance rénale. L’émission de télévision 60 minutes serait responsable si on l’encourageait à continuer. Elle devrait arrêter maintenant. » L’expérience fut donc interrompue. Le Dr Wink précisa : « Malheureusement il y a quelques personnes qui vont croire ce qu’elle dit, et je suis sûre que c’est seulement un petit nombre de personnes, mais je crois qu’il est irresponsable pour quelqu’un d’encourager d’autres à faire quelque chose qui va nuire à leur santé».
  • Prahlad Jani:  Le yogi de 83 ans s’est prêté à une expérience. Il a tenu sans boire ni manger, et sans uriner ni déféquer dans un hôpital à Ahmedabad (Inde), durant 10 ou 15 jours, sous la surveillance d’une équipe de 30 médecins, surveillé 24 heures sur 24 par des caméras, cela en avril-mai 2010. Le yogi affirme avoir passé plus de 70 ans sans eau ni nourriture. Le docteur Illavazahagan en charge de l’affaire espère que « De cette observation jaillira peut-être la lumière sur la survie de l’homme sans eau ni nourriture […] Le recours au scanner vise à comprendre quelle est l’énergie qui soutient son existence. Jani dit qu’il médite pour avoir de l’énergie », explique le médecin à l’AFP. Durant l’expérience Prahlad Jani a été autorisé à se gargariser et à se baigner. De l’avis de James Randi, les protocoles n’ont pas été menés avec assez de rigueur pour qu’on puisse entériner la performance. Le Medical Council of India a crié au canular.
  • Saint Nicolas de Flue (1417-1487) : il aurait vécu 19 ans en vivant seulement de l’Eucharistie (consommation exclusive de l’hostie). Ce n’est toutefois pas en raison de cette prétendue inédie qu’il fut canonisé.
  • Marthe Robin (1902-1981), dont les proches disent qu’elle a été inédique pendant plus de 50 ans, et l’Allemande Thérèse Neumann (1898-1962), toutes deux affirmant être stigmatisées. Des demandes de béatification ont été introduites auprès du Vatican et sont toujours en attente.
  • Balayogi, dans le sud de l’Inde, ne se serait pas nourri pendant plus de 40 ans en restant totalement immobile en position du lotus toute sa vie d’adulte.
  • Mollie Fancher, également appelée « l’énigme de Brooklyn » à la fin du XIXe siècle, aurait cessé de manger à l’âge de 19 ans à la suite de deux accidents. Elle n’aurait rien mangé pendant 14 ans. Des médecins se sont intéressés à elle, mais son cas ne fut jamais vérifié. Elle mourut en 1916.
  • Ram Bahadur Bomjon, adolescent de 17 ans dans le sud de l’Inde, serait resté immobile et sans manger sous un arbre pendant plusieurs mois.
  • Isabelle Hercelin ne mangerait plus depuis septembre 2009 (d’après son témoignage lors de ses conférences).
  • Henri Monfort ne mangerait plus depuis 2002 (d’après son témoignage lors de ses conférences et ses vidéos sur Internet).
  • Michael Werner, docteur en chimie et directeur d’un institut de recherche sur le cancer, ne mangerait plus depuis 2002 selon son propre livre Se nourrir de lumière, l’expérience d’un scientifique. Il a été observé par une équipe de scientifiques pendant 10 jours dans une clinique.

Que peut-on en penser ?

Il n’y a rien de scientifique dans cette approche puisque les expériences n’ont pu être réalisées avec tout le sérieux nécessaire. Je me demande toutefois s’il n’y a pas un peu de vrai dans cette théorie… nous avons peut-être une façon « inconnue » de convertir dans notre corps l’énergie lumineuse ou quelque chose qui s’apparente plus au « Chi ». De là à ne plus avoir besoin de nourriture, ni d’eau, cela semble contraire à notre physiologie. Il est peut-être intéressant de rester ouvert à cette approche et de poursuivre les investigations. En effet, nous savons que les régimes hypocaloriques permettent, tout du moins pour les mammifères, de vivre plus longtemps. C’est peut-être du au mécanisme de digestion, ou à un ralentissement du métabolisme… dans les deux cas, si nous pouvions « attrapper » des calories autrement que par l’alimentation, ce serait probablement un moyen très intéressant pour étendre notre durée de vie tout en maintenant un bon niveau de santé.

J’ai lu pour vous … le grand secret de René Barjavel

L’hypothèse de départ est la suivante : le 17 Janvier 1955, le premier ministre de l’Inde, Nehru, apprend par l’un de ses amis qu’en faisant des recherches sur le cancer, ce dernier a trouvé un virus qui en contaminant son hôte le rend insensible à la vieillesse et résistant aux plus farouches maladies. Pour lui, c’est une catastrophe car le monde n’est pas prêt. Il contacte alors les chefs d’état des autres pays : Elizabeth II, Einsenhower, Kroutchev, … Ils décident tous de garder le secret et d’envoyer les personnes infectées sur une Ile protégée, afin de faire une expérience. Très vites, les habitants de l’île font face à un problème de surpopulation et tentent d’y trouver une solution par la contraception. L’histoire tourne vite à la barbarerie. Le fait de savoir que la mort n’est plus une fatalité nous enlève t-il toute humanité ?

voici un petit extrait intéressant : « Dans le règne vivant, la mort est une absurdité illogique. Elle semble avoir été surajoutée à l’œuvre de la vie, par un accident ou une intervention étrangère. Tout est prévu par la nature pour qu’un organisme vivant, parvenu à un point parfait de développement, s’y maintienne d’une façon définitive. Or, il ne s’y maintient pas. Arrivé au sommet de lui-même, il commence lentement, puis de plus en plus vite, à glisser sur la pente qui le mène à sa destruction. Chez l’être humain, le vieillissement commence dès 18 ans. Alors qu’ils sort de l’adolescence et qu’ ils s’imagine n’avoir rien commencé, l’homme et la femme sont déjà au bout de leur vie ‘intacte’. Déjà, sans le savoir, ils engagent le combat perdu contre la maladie dont nul ne guérit. »

Ce que j’en pense :

Pour ma part, je pense que Barjavel n’est pas dans le vrai. Le but de la vie, c’est la vie, c’est la reproduction de la vie. L’organisme humain est en perpétuelle évolution : des cellules meurent chaque jour et sont remplacées. C’est ce que l’organisme a trouvé de plus simple : il est plus facile de remplacer une pièce cassée que de la réparer. Nos cellules germinales sont immortelles puisque nous nous les transmettons de génération en génération. Le Dieu cellulaire n’a que faire de la survie de notre conscience. Cette dernière n’est qu’un outil supplémentaire pour améliorer les possibilités de reproduction et de survie face à l’environnement. La cellule semble avoir un compteur de réplication : à la fin du compteur, elle ne se reproduit plus du tout (sauf cancer). C’est peut être le meilleur cycle qu’à trouvé la vie pour les êtres humains. Peut-être que les peuplades d’immortels ne pouvaient survivre dans un environnement où les ressources étaient limitées. C’est d’ailleurs certainement l’environnement et notre adaptation à ce milieu qui a fait que nous vivons tant d’années. Donc, je ne suis pas d’accord avec Barjavel quand il parle « d’accident ou d’intervention extérieure ». Je parlerais plutôt d’évolution naturelle. Par contre, je pense que de ce fait, l’organisme a perdu sa faculté d’être immortel et qu’il a accumulé avec le temps un nombre impressionnant de mutations délétères qui font que le secret de l’immortalité doit être composé de tout autant de problèmes qu’il nous faudrait corriger. Sinon, le roman est agréable à lire et nous plonge au coeur d’une fantastique conspiration.

« Le grand secret » aux éditions pocket, ISBN: 2266175947

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Voici en exclusivité une petite interview de Stephan et Magali Beauregard pour le portail francophone de la cryonie (PFC).

PFC : Beaucoup d’internautes pensent que la cryonie, c’est de la science fiction, et que c’est un projet un peu fou en fin de compte…

SB : Au début du dernier siècle, peu de gens aurait imaginé voir voler des avions pesant des milliers de tonnes, aller dans l`espace ou discuter comme nous le faisons via internet. Nos grand-parents auraient trouvé cela absurde et stupide qu’on puisse imaginer un jour qu’un coeur ou des organes d’une personne décédée puissent être transplantés après les avoir préservés au froid. Pour le docteur de Grey, spécialiste en bio-gérontologie, des preuves scientifiques en faveur de la cryogénisation existent. « Il y a des gens qui sont tombés dans de l’eau glacée de telle sorte que leurs cerveaux et leurs cœurs ont arrêté de battre pendant une heure au moins. Malgré cela, ils ont été réanimés et ils n’ont eu aucune séquelle. Leur mémoire, leur personnalité et leur identité ont été préservées. » Aujourd’hui, avec l’avancement technologique, on se rend compte que tout cela est possible. La congélation du sperme à -196C est un des nombreux exemples que la Cryogénie fonctionne. L’artiste Céline Dion a eu recours à ce procédé pour avoir son 1er fils et ses jumeaux. Et que dire de plusieurs animaux qui meurent et qui reviennent à la vie (Pas l’hibernation) comme les grenouilles Nord-Américaines ?

En 1971, l’éminent gérontologue, Docteur George Martin, a fait l’observation suivante :  Un investissement relativement modeste au niveau de la recherche pourrait théoriquement fournir à l’humain une solution partielle et intérim au « terrible problème de la conscience de la mort » récemment discuté par Sir John Eccles … Je dois vous avouer que la seule solution qui m’apparaît est celle de la préservation du système nerveux central. Le succès spectaculaire des procédures en cryobiologie en ce qui a trait à la préservation à long terme de la viabilité au niveau cellulaire suggère que, en principe, une préservation satisfaisante complète des organes pourrait être bientôt faite. Bien sûr, … la nécessité sera de faire la préservation in situ, en utilisant sans doute des techniques de perfusion.

Cette suggestion basée sur une proposition originale faite par R.C.W. Ettinger, est basée sur un fait et deux hypothèses. Le fait est que au point d’ébullition de l’azote liquide, les changements du système biologique sont généralement réputés pour être négligeables et ce, pendant une période de cent ans ou de mille ans. La première supposition est qu’il est possible de refroidir un humain à de telles températures sans fondamentalement détruire les informations concernant sa personnalité et sa mémoire contenues dans son cerveau. La deuxième hypothèse, est que les progrès médicaux et scientifiques continueront jusqu’à ce que la technologie de la résurrection médicale ne soit limitée seulement que par les lois de la physique. Si ces hypothèses sont bonnes, la mémoire ainsi que la personnalité des gens préservés par les méthodes d’aujourd’hui, devraient être intactes après que ces gens soient ressuscités par les technologies futures, et le temps de voyage médical peut être utilisé en attendant que la sénescence puisse être contrôlée. Il ne faut que considérer les preuves relatives à la validité des deux hypothèses qui sont à la base de la possibilité du temps de voyage médical.

La technologie en cryopréservation subi des changements révolutionnaires présentement. En 1971, la seule méthode disponible pour préserver la viabilité pour une période indéfinie était la congélation. Arrêtons d’être toujours négatif en ridiculisant toute nouveauté et faisons confiance à la Vie, à la Science et l’avancement Technologique.

PFC : Certains ont opté pour ne préserver que leur tête… ça parait pas fou comme démarche ça ?

SB (rire) : nous croyons que l’intelligence, la mémoire et la personnalité sont déterminées de façon primaire par la structure et la chimie du cerveau humain. Le but de la cryonie est de préserver le cerveau de façon intégrale pour que son identité unique soit aussi préservée afin que la Science du futur puisse être capable de faire revivre la personne.  Mais bien que cette hypothèse soit communément acceptée en médecine, et que l’on sait que l’activité cérébrale peut rester un moment à l’arrêt et reprendre ensuite, l’idée de pouvoir conserver un cerveau avec les méthodes actuelles de façon suffisamment satisfaisante pour permettre sa résurrection reste mal acceptée. Les partisans de la cryonie mettent pourtant en avant des études qui laisseraient à penser que les fortes concentrations en cryoconservateurs circulant dans le cerveau avant son refroidissement peuvent empêcher son endommagement et feraient se conserver la structure fine des cellules qui seraient le siège supposé de la mémoire et de l’identité. Certaines personnes âgées ont accepté de ne conserver que leur tête (la neuro-suspension) et souhaiteraient avoir un corps récent, voir robotisé (bionique) dans certains cas ou de faire confiance à la nanotechnologie pour remédier aux maladies qui les ont amené à la mort. On peut également envisager le clonage.

La perte de toutes les informations du cerveau signifie que la personne a disparu de ce monde. Sans refroidissement spécial, la cryonie a peu de chance de fonctionner un jour. Parfois, cela peut se produire même lorsque le cœur bat encore, comme dans la maladie d’Alzheimer, ou en cas de «mort cérébrale» pour les patients en vie. La perte irréversible de la mémoire et de l’information de la personnalité dans le cerveau est parfois appelé le « critère de théorie de l’information » de la mort.

Certains scientifiques ont confiance dans le fait que la régénération des tissus sera perfectionnée au point où un corps humain pourra être refait à partir du cerveau. Cette technologie sera une progression naturelle venant des technologies imminentes qui seront capables de permettre la régénération vertébrale, la régénération des membres ainsi que la régénération des organes à la suite d’un grave trauma. Les Cryonicists sont confiants que la science future sera capable de refaire un nouveau corps, ils choisissent de ne préserver que leur cerveau. En pratique, cela signifie que la tête complète de chaque « neuropatient », étant donné que le crâne fourni une protection maximale pour le cerveau. Ce qui reste du patient est habituellement incinéré. Certains choisissent l’option « neuro » pour différentes raisons.

PFC : Être mort et revenir à la vie. Certains doivent trouver cela blasphématoire ? Crois-tu en l’existence de l’âme et ne pensez-vous pas que cette démarche est incompatible avec une certaine forme de spiritualité ?

SB : pour ceux qui croient en l’existence de l’âme …  je tiens à vous annoncer une bonne nouvelle (sourire).  « La cryogénisation n’empêche pas d’être croyant. Que nous soyons incinérées, enterrées ou congelées ne changera rien au destin de notre âme, si ca existe. » D’ailleurs, plusieurs personnes ayant opté pour la cryonie sont d’horizons divers : chrétiens, musulmans, juifs, etc.

PFC : Les corps sont gelés, certains craignent que le ralentissement de la décomposition du corps ne soit pas suffisant pour préserver les fonctions vitales. Qu’en dis-tu ?

SB : La préservation ne ralentit pas la décomposition, elle stoppe complètement le processus de décomposition. La cryonie ou cryogénisation (souvent confondue à tort avec la cryogénie), est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température) d’humains ou d’animaux dont la subsistance ne peut plus être médicalement assurée, dans l’espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement. Dans l’état actuel du savoir-faire médical, le procédé n’est pas réversible. Aux États-Unis, il ne peut être pratiqué que sur des humains pour lesquels un certificat de décès a été signé. La cryonie est toujours perçue de nos jours avec scepticisme par certains scientifiques et médecins. Cependant, un bon nombre de chercheurs qui espèrent de grandes avancées dans la médecine, notamment dans les nanotechnologies, qui pourraient permettre la régénération des tissus et des organes au niveau moléculaire, voire inverser les effets du vieillissement ou des maladies.

 

L’interview étant relativement dense, nous avons préféré vous la livrer en 3 articles. Nous retrouverons Stephan dans un prochain article où il nous expliquera un peu mieux ce qu’est la vitrification et en quoi cela se révèle un procédé relativement mature et fiable. N’hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez lui poser directement des questions. Merci à lui de partager avec nous sa vision de la cryonie.

En attendant, je vous invite à regarder un très bon reportage sur Magali et Stephan Beauregard passé sur une grande chaine canadienne en 2005 :

La suite de l’interview ici

Kombucha ou l’élixir mandchou d’immortalité

Il y a quelques années, une amie m’a passé un champignon éponyme à l’aspect d’une crêpe caoutchouteuse. Il s’agit du « champignon de longue vie » ou champignon à thé Kombucha. La médecine populaire orientale l’utilise depuis 2200 ans dans le but d’obtenir l’immortalité. Staline en faisait usage, ainsi que Ronald Reagan qui l’aurait reçu en cadeau des japonais, l’aidant à mettre son cancer en échec. De nombreux cas de cancer en rémission ont été avérés après consommation de cet élixir, qui ressemble à un cidre aigre-doux.

Lors de la fermentation, le champignon Kombucha se nourrit du sucre pour produire de très nombreuses substances : acides organiques ayant pour faculté de se combiner à certaines toxines ou métaux lourds, des vitamines B, C et D, des acides aminés, des probiotiques lactiques, des levures, des substances antibiotiques, des minéraux, des polyphénols (flavonoïdes, isoflavonoïdes) dotés d’un fort pouvoir antioxydant. Et surtout, des enzymes qui stimulent la digestion, purifient l’organisme et favorisent l’élimination des déchets et des toxines.

Bref, on peut le qualifier d’aliment aux propriétés médicinales, plus préventives que curatives, mais avec des retours d’expériences assez stupéfiants lorsqu’il s’agit de cancers. Notons qu’on parle d’un champignon, mais qu’il s’agit d’un agglomérat de champignons microscopiques qu’on retrouve dans la boisson finale. En toute logique, on doit pouvoir ré-obtenir un champignon à partir de la boisson en laissant fermenter cette dernière avec du sucre.

Comment le préparer ?

Il nous faut tout d’abord les ingrédients suivants :

  • Le champignon Kombucha
  • 1L d’eau
  • 70g de sucre
  • 5g de thé noir ou vert

Recette:

  • Faire fondre le sucre dans l’eau bouillante
  • Ajouter le thé et laisser infuser 10 à 15 minutes
  • Retirer le thé et refroidir à 30° environ
  • Placer le champignon et laisser fermenter (couvert mais avec passage de l’air, 23° étant la meilleure température) durant 8 à 10 jours (le temps que la boisson ne soit plus sucrée du tout, elle doit être un peu effervescente également).
  • Retirer le champignon et mettre en bouteille au réfrigérateur

Pour améliorer la fermentation, il est bon de sacrifier 10% du jus obtenu et de l’ajouter à la prochaine préparation. A cause de ses propriétés, il faut éviter toute manipulation avec des objets métalliques, sinon on perd une partie du pouvoir de l’élixir.

Notons qu’un nouveau champignon s’est formé entre l’ancien et la surface du liquide. Il est collé à l’autre, mais peut facilement être détaché. La vie du champignon est d’environ trois mois, il fonce peu à peu jusqu’à devenir chocolat et spongieux. Il est bon de retirer ces parties mortes et de garder le reste pour les boissons suivantes.

Vous avez peur que quelque chose d’autre ne se développe dans la solution ? N’ayez crainte. Le kombucha est particulièrement résistant et stable. La structure de sa symbiose et l’équilibre remarquable de son milieu le protègent des bactéries et des levures concurrentes, en particulier celles qui sont responsables de la pourriture et de la moisissure, incapables de survivre dans l’alcool, l’acide carbonique, et les solutions antibiotiques dissoutes dans la solution de thé. Donc, si la fermentation s’est bien produite (pétillante et absence de gout sucré), alors tout s’est bien déroulé et rien d’autre ne s’est développé.

Quelques réponses à certaines questions:

  • Si vous recevez par la poste la galette de kombucha et qu’il y a du liquide autour… Ne vous inquiétez pas pour votre souche de kombucha – c’est normal car la souche doit toujours rester humide. C’est très résistant, vous pouvez la mettre plusieurs semaines au réfrigérateur dans son jus (ce qui aura pour conséquence de l’affaiblir seulement, mais au bout de quelques préparation, la souche sera de nouveau à 100% opérationnelle).
  • Le thé noir est meilleur pour la souche, mais le thé vert passe aussi (et il est probablement mieux pour la solution finale). Quand il est aromatisé, cela fonctionne, mais trop l’utiliser avec tel ou tel thé aromatisé peut l’affaiblir jusqu’à le tuer sur la durée. J’ai déjà essayé à la bergamote, cela donne un gout original (pas forcément meilleur) – vous pouvez tenter le coup pour une ou deux productions.
  • La souche noircit quand elle meurt, mais c’est progressif : car il s’agit de colonies de champignons microscopiques : cela commence par le dessus de la galette (en contact avec l’air)… d’où le fait de nettoyer sa galette entre chaque utilisation en enlevant les parties sombres (en grattant avec un objet en bois… pas de métal).
  • Un conseil important : n’ébouillantez pas votre kombucha. Plusieurs débutants font l’erreur de mettre la galette dans du thé trop chaud. Conséquence: au bout d’une semaine du moisis sur le dessus… ce qui est anormal – car le kombucha tue toute les bactéries et moisissures autre que lui. En fait, leur champignon avait été cuit… Surveillez les moisissures externes, c’est un bon indicateur. Quand une galette n’a pas été utilisé depuis longtemps, cela arrive qu’elle mette plusieurs préparation à redevenir efficace. Pas grave, jetez le liquide avec les moisissures et recommencer. Normalement, quand tout fonctionne bien, vous n’avez pas un produit très pétillant en fin de fermentation, mais il ne doit plus rester beaucoup de sucres.
  • Autre erreur de débutant : le sucre ! Certaines personnes voulant faire un régime mette moins de sucre. Il ne faut pas. Le sucre est le carburant du champignon ! Il est transformé à plus de 90% quand l’opération se passe bien. Le sucre sert au processus de fermentation, mais aussi au développement du champignon. A savoir aussi qu’il y a un degrés d’alcool allant de 1.5 à 5° dans la préparation finale.
  • Personnellement, j’adore quand le kombucha est aussi pétillant qu’un champagne. C’est possible et en plus cela enlève le coté aigre (vinaigré) de la préparation. Gardez au moins 3 mois la préparation finale (après fermentation et filtrage) dans des bouteilles hermétique en verre (comme la limonade, avec un bouchon spécial pour la pression, afin que les bouteilles n’explosent pas) à l’abri de la lumière (à 5-25°C). Au bout de 3 mois, vous serez surpris du résultat… Il peut se garder plusieurs années sans devenir un vinaigre…
  • pas de vinaigre dans la préparation : sauf du vinaigre de kombucha si vous le souhaitez pour booster l’ensemble avant fermentation. Le vinaigre de kombucha se prépare comme la boisson, mais avec une fermentation plus longue (>20 jours). Personnellement, j’évite car je n’aime pas ce gout aigre. Pour booster la préparation, rien ne vaut un peu de boisson déjà préparée (10 à 15% de la quantité finale) ajoutée au thé (refroidi) avant fermentation. La boisson est composée en réalité d’une quantité très importante de champignons microscopique qui vont commencer le travail conjointement à la galette.
  • Le champignon est affaibli par le contact avec du métal, mais vous pouvez chauffer votre thé dans une casserole métallique. De toute façon, si vous utilisez de l’eau du robinet, il y aura un peu de métal dedans à cause des canalisations et conduites.
  • Le kombucha est une boisson qui m’a redonné la santé (beaucoup plus que le kéfir). Il y a un coté magique. Il faut toutefois continuer à surveiller sa santé par la médecine traditionnelle car l’un ne remplace pas l’autre. Le kombucha booste le système immunitaire par exemple, donc c’est mauvais pour les cas de maladies où c’est justement le système immunitaire qui est défaillant et qui attaque les cellules saines. Pour vous, attention donc que la boisson finale ne contienne plus de sucres ou le moins possible.

Site intéressants sur le sujet :

Nouvelle … Ma vie après que je sois mort

Lorsque j’ai ouvert les yeux, la première chose qui m’a frappée fut la lumière qui régnait dans la pièce. Je ne distinguais aucune lampe, mais il y avait comme une source omniprésente qui produisait un halo autour des objets. Je suis resté là à contempler un cadre où défilaient tout un tas d’images reposantes, de nature et d’animaux. Je ne savais pas où j’étais, mais étrangement, je n’étais pas inquiet. D’ailleurs, je me sentais dans une forme olympique – je ne me rappelle pas avoir senti cela depuis au moins 50 ans ! Puis soudain, un souvenir me revint à l’esprit. Il me semble qu’hier j’ai ressenti une brusque douleur dans la poitrine – c’était horrible, j’ai cru que j’allais mourir en peignoir en sortant des toilettes ! Que m’est-il arrivé ? ça ne ressemble pas à un hôpital ici ! Pas de perfusion, je commençais à me redresser quand quelqu’un entra dans ce qui ressemblait à une chambre d’hôtel. C’était une jeune femme magnifique, pétillante, elle me souriait – sur le coup, je me suis dit qu’elle devait être drôlement gentille de sourire à un vieillard de 85 ans tout fripé. Elle s’adressa à moi en ces termes :

« -  Bonjour monsieur Gossellin. Je m’appelle Jeanne. Est-ce que vous savez où vous êtes ? »

Je lui racontai que ce qui m’était arrivé la veille puis elle reprit :

« - En effet, vous avez eu un infarctus. Les équipes de secours sont arrivées sur les lieux le plus rapidement et ont trouvé sur vous un bracelet. Pouvez-vous me dire à quoi il correspond ?

-          Bien sûr. Mais de nombreuses personnes en portent un, nous sommes quand même en 2060 ! Vous sortez d’où jeune fille ? Je suis vieux, mais quand même pas sénile ! »

-          Oh, vous savez, je ne me permettrai pas de juger, je suis plus vieille que je ne parais !

-          C’est un bracelet de Cryonie pardi ! Il vous permet d’indiquer aux services de secours que vous avez opté pour la cryogénisation à votre mort.

-          Oui, cela vous a même sauvé la vie…

-          Que voulez-vous dire ?

-          Tenez, je vais vous aider à vous lever. »

Elle m’aida à me lever du lit, j’étais en forme mais un peu groguis, peut-être un cocktail de drogues qu’on m’a administré, ou bien l’effet de l’infarctus. Si ça me met en forme comme cela, je veux bien en faire un tous les jours. Elle m’approcha du mur qui soudain devint transparent. Ah ces technologies modernes, on n’arrête pas le progrès, j’en équiperais bien ma maison de fenêtres telles que celles-ci. Une lumière aveuglante régnait à l’extérieur, puis mes yeux distinguèrent un paysage totalement étrange, merveilleux – mais où est-ce que j’étais tombé ? J’ai encore du mal aujourd’hui) décrire la sensation que j’ai ressenti, comme Alice entrant dans le terrier du lapin blanc. Le spectacle que je découvris me coupa le souffle – je me tournais tout de suite vers la coquine qui devait me faire une farce et me montrer les images d’un film, mais elle se contenta de me regarder en souriant, puis avant que je ne puisse la questionner, elle me dit :

« - Magnifique n’est-ce pas. Toute la cité est construite autour de la végétation. Ces immenses arbres que vous voyez là arbitrent des milliers de personnes. Ils poussent si haut qu’il est impossible de distinguer correctement le bas de la cité. »

Mon esprit se refusait à comprendre l’évidence de la situation. J’argumentais sans trop y croire :

« - Vous vous moquez de moi. Mais où sommes-nous ? J’ai été capturé par des extraterrestres ? »

Puis vint le moment de vérité où elle m’expliqua que le 4 juillet 2060, je me suis éteint à l’âge de 85 ans. Les équipes n’ont pas réussi à me réanimer. Sur le coup, j’ai pensé que j’étais mort et que le Paradis existait bel et bien. Mais elle m’expliqua très rapidement que mes souhaits post-mortem avaient été correctement et scrupuleusement suivis. On avait très rapidement refroidi mon corps afin que les équipes de Cryonie puissent intervenir dans les meilleures conditions. Mon réveil avait été planifié pour 2560 car la cryogénisation avait été réalisée dans d’excellentes conditions. Les premiers cryos ont été réveillés dès le 24ième siècle pour des raisons expérimentales. Un programme avait mis en place pour accompagner les premiers cryos. La première idée avait été de les mettre en quarantaine pour des raisons médicales, mais aussi dans un environnement reconstitué juste pour eux afin qu’ils puissent prendre le temps d’intégrer tous les changements de la société. En effet, l’humanité avait progressé  de façon si exponentielle en quelques siècles qu’on pensait que le cryonaute serait trop désorienté à son réveil. Finalement, cette étape s’est avérée inutile et il est maintenant conseillé d’informer assez rapidement le cryonaute sur sa condition et sur le monde dans lequel il vient de renaitre.

J’écoutais son explication avec un certain détachement, mes yeux restaient fixés sur ces étranges insectes volants qui semblaient se déplacer dans tous les sens sans aucune difficulté. C’était étrange, car les gens semblaient voler dans les airs, mais n’avaient pas de propulseur ou d’autre technologie du même acabit. Ma formation d’ingénieur orientait toujours mes observations et au lieu de m’émerveiller sur la beauté de ce monde, j’essayais de comprendre comment tout cela est possible. Il y avait des milliers de personnes, certaines en groupe, d’autres jouaient à des jeux étranges. Ce qui me surpris ce fut l’âge moyen des gens qui semblait être d’environ 25 ans. Il y avait quelques personnes âges, mais c’était très rare…

Tout d’un coup je réalisais vraiment que l’on m’avait réveillé après 500 longues années. Mais la pensée qui surgit dans mon esprit fut « Et ma femme ? Est-elle des nôtres ? ». Probablement en voyant la panique sur mon visage, mélangée à un fantastique espoir, La réponse ne se fit pas attendre :

« - Ne vous inquiétez pas monsieur Gossellin. Elle n’est pas présente aujourd’hui pour votre réveil et nous en sommes désolés. Mais vous la verrez prochainement.

-          Est-ce qu’elle va bien ?

-          Oui, mais elle est plus âgée que vous et il lui faut un peu plus de temps

-          Ma chérie… comment va-t-elle ? Combien de temps m’a-t-elle attendue dans la solitude du deuil ?

-          Quelques années, ne vous inquiétez pas, mais attendez-vous quand même à un changement…

-          Que voulez-vous dire ? »

Soudain, elle invoqua un miroir et le mur-vitre devint réfléchissant. Ce que j’avais en face de moi était stupéfiant. Je me rassis sur le lit immédiatement car mes jambes m’avaient lâchées… mes jambes qui hier ne me supportaient presque plus… aujourd’hui, elles pourraient me faire courir un marathon. L’image que me renvoyait le miroir était celle d’un jeune homme d’une trentaine d’années… c’était moi comme dans mes souvenirs, comme sur mes photos… je bredouillais… elle me dit :

« - Comme votre souhait était de revenir dans un corps jeune, dans votre corps, notre monde a attendu de maitriser cette technologie avant de vous réveiller. J’étais comme vous, vous savez… D’ailleurs, il faudra vous attendre à des changements stupéfiants. Il vous faudra apprendre la nouvelle langue du monde…

-          Mais vous, vous me comprenez, vous parlez ma langue !

-          Oui, je ne me suis pas présentée complètement, peut-être me connaissez-vous – je suis Jeanne Calment… »

J’étais éberlué ! Comment Jeanne calment, morte un demi-siècle avant moi pouvait être aujourd’hui devant moi… je bredouillais :

« - Mais…. Mais comment est-ce possible. Je suis désolé, c’est un honneur de vous rencontrer… vous êtes restées la doyenne des français si longtemps. Vous…. Vous étiez un modèle pour nous tous, par votre dynamisme, votre générosité…

-          Vous savez, ce monde a vraiment fait des progrès fabuleux. Je n’avais pas opté pour la cryonie – à mon époque c’était peu courant. Mais un confident m’en avait parlé quelques mois avant ma mort… enfin, avant la mort de l’autre Jeanne…

-          [ je voulais parler, mais rien de sortais]

-          Il m’avait dit ‘si un jour je pouvais te faire revenir en prenant juste un petit échantillon de toi, est-ce que tu serais d’accord ?’. Il expliqua à Jeanne le fonctionnement : il me prélevait un échantillon d’ADN et il serait conservé par cryonie. La Jeanne de l’époque avait trouvé cela un peu fou, mais amusant et avait dit ‘pourquoi pas’. Aujourd’hui, il est possible de de cloner un être humain de façon parfaite à partir d’un tout petit échantillon d’ADN.

-          Mais comment pouvez-vous connaitre aussi bien mon siècle ?

-          Petite, on m’a expliqué toute l’histoire. J’avais déjà entendu parler de cela, mais je ne savais pas que c’était mon cas. J’avais envie d’en savoir plus sur qui était Jeanne, sa vie… j’ai étudié scrupuleusement, comme quelqu’un qui a perdu la mémoire, et bien qu’aujourd’hui je sois quelqu’un de différent de la jeanne de l’époque, elle m’a servi de modèle par son courage et son espièglerie. Je suis heureuse qu’elle ait fait ce choix.

-          Ca explique pourquoi tout le monde est jeune… mais ces personne âgées qui sont là bas ?

-          Quand nous avons découvert comment arrêter le processus du vieillissement, cela a produit… comment dire… d’assez gros bouleversements dans le monde. Les gens venaient toujours plus nombreux pour savoir quand la technologie serait disponible au plus grand nombre, même si la Cryonie était déjà un service de l’état.

-          Vous voulez dire que tout le monde se cryonise actuellement ?

-          Non, mais une majorité la fait par le passé, avant que la technologie du rajeunissement ne soit disponible pour tous … et bien entendu que la Terre soit capable d’accepter un nombre toujours croissant de personnes.

-          Oui… nous avons souvent discuté de cela avec le groupe d’amis qui a opté pour la cryonie à la même époque… on se disait qu’il y aurait des solutions avec la colonisation de l’espace.

-          [Elle me fit un grand sourire] Oui, vous étiez déjà un grand rêveur, on m’a parlé de vous… Cela n’a pas été simple tout de suite : il y avait la religion d’un côté, il y avait d’ailleurs de sérieux opposants… Longtemps cela a été perçu comme un sacrilège, pire que l’avortement… Des centres de Cryonie ont été assiégés… beaucoup de vies ont été perdues… heureusement que les ADN avaient été préservés ailleurs. Bref, l’humanité a mis 2 siècles avant de pouvoir coloniser une planète aussi accueillante que la Terre, ce fut Terra 2 à 7.9 années lumières. Nous avons tout d’abord du maitriser la technologie des trous de verre… Maintenant, nous pouvons plier l’espace à loisir ! Vous croyez d’ailleurs être sur Terre ? Non, vous êtes sur Terra8, vous en apprendrez un peu plus sur cette planète lors de votre séminaire de formation. Mais c’est une planète minuscule, la gravité est si faible que c’est un champ de force qui maintient l’atmosphère. C’est pour cela que tout le monde vole dehors alors qu’ici la gravité est artificielle. Remarquez, sur Terre aussi on vole grâce à de petits anneaux qui génèrent un champ d’antigravité. Mais je m’écarte du sujet. Vous pourrez choisir avec votre compagne et vos amis la planète de votre choix, les frontières n’existent plus. Vous aurez un peu de mal à vous y habituer, mais la propriété n’existe plus non plus. On partage tout – vous trouverez de quoi vous loger dans n’importe quelle mégapole, tout est gratuit – enfin presque. L’argent n’a pas totalement disparu, mais ça ne ressemble en rien à ce que vous connaissez. Disons que tout ce dont vous avez besoin est gratuit, mais pour certains chose plus particulières, vous pouvez gagner des crédits en participant aux grands plans de développement de l’humanité ou tout simplement en vous mettant au service des autres. Vous comprendrez mieux au fur et à mesure…

-          L’argent n’existe plus – ça c’est un réel progrès… Et l’humanité colonise l’univers… donc pas de problème de place !

-          Non, effectivement – d’ailleurs à nos échelles l’univers est très peu peuplé. Nous sommes pas seuls, mais nous en reparlerons plus tard. Il y a eu une époque où l’on parlait de surpopulation… c’est un concept incompréhensible pour les gens actuellement. Nos ressources, nos capacités de production, notre énergie illimitée, tout cela fait que chaque nouvelle naissance est une bénédiction ! Les gens ont des enfants, mais cela devient assez rares. Les bébés naissent in vitro majoritairement. Le concept de couple a d’ailleurs un peu changé vous verrez… nous sommes une grande famille. Nous sommes un peu les parents de chaque enfants, mais chaque enfant a quand même un noyau familial qui s’occupe de lui, qui l’aime de façon inconditionnelle. Ce serait trop difficile à vous expliquer. Le concept de  liberté a été étendue les 2 derniers siècles. Il n’y a pas un gouvernement mondial comme a tenté de mettre en place un réseau d’influence du 21ième siècle… Tout cela a éclaté en une myriade de régions, de sous état… chaque état ayant ses propres règles, mais l’ensemble forme tout de même un groupe homogène. Comment vous expliquer cela ? Vous connaissiez l’ancêtre de DeusNet… vous l’appeliez Internet. Il y a eu un concept novateur qui a été nommé le Peer to peer… la décentralisation des serveurs d’hébergement.

-          Jeanne vous êtes devenue une véritable informaticienne…

-          Ce n’est pas faux, même si mes collègues parleraient ici d’archéologie… veuillez m’excuser. Vous savez, j’ai 353 années terrestres – avec toutes ces planètes le calcul est complexe, mais nous avons gardé l’ancien système basé sur le Terre. J’ai donc eu 353 ans pour me consacrer à ma passion, l’archéologie, connaitre l’époque de la précédente Jeanne… donc c’est un peu normal ! [Quelle femme belle et brillante pensais-je] Le Peer to Peer était à Internet ce que notre système de gestion politique est à la politique de votre époque. Personne ne détient un pouvoir important, et en même temps chacun est libre et responsable de lui-même. Si les lois d’un état ne vous conviennent pas, vous pouvez aller dans un autre – c’est aussi simple. C’est devenu possible grâce à nos ressources quasi illimitées, les voyages instantanés et tous ces espaces à conquérir. Chacun aujourd’hui fait uniquement ce qui lui plait et ce dont il a besoin pour s’épanouir. Le travail existe toujours, mais c’est un choix qui n’est pas imposé par un besoin économique. Aucune personne ne dispose de grandes ressources de nos jours. Pour faire des choses extraordinaires, il faut lancer des projets extraordinaires, réunir un certain nombre de personnes, et le système vous permet de lancer l’opération. La seule chose qu’on ne puisse plus faire, c’est vouloir lancer de façon impérieuse un projet de façon unilatéral, sans le consentement d’un groupe. En cela, les libertés ont un peu changé, mais il faut avouer que seule une minorité pouvait jadis profiter des bonnes choses que l’humanité proposait et c’était très souvent une question de chance ou de naissance. En cela, nous avons balayé l’injustice sociale. On ne possède plus… on n’hérite plus. Tous les êtres sont égaux…

-          Et les animaux, j’en vois plein …

-          Les animaux ont acquis les mêmes droits que les êtres humains. Nous les connaissons maintenant beaucoup mieux. Au contact des hommes, les animaux sont devenus capables de …. Dialoguer, même si le terme n’est pas exact. Disons que nous respectons d’avantage leurs choix et qu’ils suivent leur propre évolution, à nos côtés.  La plupart des êtres humains sont amis avec de très nombreux animaux. C’est peut-être difficile à comprendre pour vous…

-          Non pas du tout jeanne. Pas du tout [une larme vint à couler sur ma joue]. Et ma chienne ?

-          Zap va très bien, ne vous inquiétez pas. Nous l’avons préparé au réveil… elle a été réparée

-          Comment cela réparée ?

-          La technique de vitrification de l’époque était relativement au point, mais nous utilisons actuellement des nanobots qui font quelques réparations avant de modifier votre ADN pour vous libérer du vieillissement. Fini les vieilles thérapies géniques d’avant-guerre ! Oui, c’est vrai, vous n’avez pas connu la mise en stase telle qu’elle se pratique depuis maintenant près de 4 siècles ! Nous utilisons aujourd’hui un champ de stase temporel. Cela a été permis par la technique du pliage de l’espace. C’est encore utile lorsqu’on doit figer un patient atteint d’un mal inconnu comme on en découvre chaque jour sur de nouvelles planètes. Avant cela, nous avons utilisé un champ stasique qui, d’une certain façon, figeait tous les atomes d’un corps !  Le corps semblait gelé au 0 absolu mais on pouvait le dégeler en une seconde. C’est assez proche du fonctionnement des micro-ondes.

-          Je vais bientôt revoir Zap alors

-          Oui, rassurez vous. Donnez-vous un peu de temps avec votre compagne pour apprendre à vivre parmi nous et ensuite, nous vous rendrons votre chienne.

-          C’est merveilleux… je n’aurais jamais imaginé un tel bonheur… merci Jeanne, merci d’être là, merci d’être aussi patiente avec moi…

-          C’est aussi un honneur pour moi vous savez…

-          AH… et pourquoi, je n’ai jamais été quelqu’un d’exceptionnel – j’étais curieux de tout, j’ai touché à tout, mais je ne pense pas avoir marqué l’histoire par mes nouvelles ou mes inventions.

-          Ne vous sous-estimez pas – ce que vous avez réalisé est honorable. Mais vous faites partie également des tous premiers cryonautes… les premiers visionnaires qui ont été capables de s’affranchir des idées reçues, qui ont été capables d’imaginer le monde d’aujourd’hui. Avec vos espoirs, vos visions, vous avez aidé le monde à devenir meilleur, à croire en sa destinée, en une époque de troubles où nombreux avaient baissé les bras. Je me rappelle de votre essai sur la destinée de l’humanité. Vous aviez écrit qu’ « à défaut de Dieux pour nous guider comme par le passé, l’humanité dans son adolescence devait se lever, pointer son doigt vers les cieux et prendre en main sa destinée. Si rien est écrit pour l’homme, alors c’est à lui de définir ce qu’il veut être demain ».

-          Ah oui, c’est vrai, j’ai écrit cela… à mon époque c’est passé inaperçu mademoiselle. Euh pardon… vous êtes mon ainé, j’ai tellement eu l’habitude qu’on me traite comme une vieille personne, n’y voyez aucune condescendance de ma part [Elle esquissa un sourire – elle était belle, mais encore plus de l’intérieur]. Vous avez parlé de Guerre ?

-          On vous apprendra tout cela dans le détail, il ne faut pas le voir de façon négative. En 2098 a éclaté une guerre mondiale…

-          Mais comment est-ce possible ? Hier… enfin, je veux dire à ma … mort, enfin, ma mise en sommeil… le monde s’était doté d’un gouvernement mondial, totalitaire, implacable. Je n’arrive d’ailleurs pas à comprendre comment tout cela est devenu possible. C’était un monde très différent du 20ième siècle, il y avait des yeux partout, la liberté était très restreinte…

-          Vous-même faisiez partie d’un réseau de résistance passive à votre époque. Des penseurs ont inspiré les populations qui se sont rebellées face au système en place. Le plus difficile fut que l’ennemi n’existait pas. L’ennemi, c’était le système qui était mauvais mais comme nous faisions tous partie du système – vers qui se retourner. On ne pouvait pas faire en sorte que toutes les mentalités, abruties par des décennies de contrôle, puissent un jour, toutes en même temps, se réveiller et dire « Stop »…

-          Que s’est-il passé alors ?

-          Le système était mauvais… il ne correspondait pas à la nature profonde de l’homme. Il est tombé tout seul… cela fut très difficile car les richesses disparaissent, elles étaient virtuelles en réalité… ce fut terrible – il y a eu des famines, des épidémies… des guerres civiles, des luttes de classe…. Puis progressivement, l’humanité s’est relevée et a bâti un monde meilleur sur de nouvelles bases. L’argent n’était plus une finalité, mais un moyen en attendant de passer à une autre étape. L’économie est de nouveau redevenue florissante, les richesses redistribuées de façon équitable… il a fallu du temps et beaucoup de sacrifices pour en arriver là.

-          J’aurais aimé y participer…

-          Mais vous y avez participé, à votre façon. D’ailleurs, un couple vous attend dans la salle d’à coté – ce sont des amis à vous. Il s’agit de Stephan et de Magali. Le premier a un drôle d’accent, c’est rigolo et en plus il connaissait la première Jeanne. Ils sont impatients de vous voir »

Un nouveau monde, très différent du mien m’attendais. Pour l’instant tout me semblait merveilleux, mais contestataire dans l’âme, je trouverai encore d’autres combats à mener. Le problème avec la liberté, c’est que c’est un concept illusoire, c’est une lutte de pouvoir – enfin, c’est ce que je pensais car cette société allait probablement me réserver de nombreuses surprises. Pour l’heure, j’avais envie de prendre une petite bière en compagnie de mes amis, de refaire le monde… mais la bière existe-t-elle encore ? Et puis j’étais pressé de voir ma compagne. Pour moi, je ne l’avais quitté que la veille. Mais pour elle, plusieurs années étaient passées. Avait-elle changé ? Et nos corps tout-neufs, tout-jeunes ! L’amour me revenait comme un feu. Mais le fait de retrouver ma chienne… ma merveilleuse chienne disparue pour moi depuis plus de 40 ans… quel bonheur… quel bonheur…. Quelle chance d’avoir cru en la cryonie !

Texte par Grégory Gossellin De Bénicourt, le 4 octobre 2010

Librement diffusable (un lien vers ce site serait un plus ;o)