Des grenouilles congelées reviennent à la vie

[youtube UuhEHNey37Q] L’hibernation est un phénomène commun chez les grenouilles. Elles se cachent dans la vase ou dans une galerie souterraine où elles passent les quatre mois d’hiver avant de réapparaître en mars. Mais le spécimen de la vidéo a lui été complètement gelé, à une température de -18°, dur comme un glaçon. Une fois dégelé, il a repris vie comme si rien ne s’était… [more]

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Nouvelle ... Ma vie après que je sois mort

Lorsque j’ai ouvert les yeux, la première chose qui m’a frappée fut la lumière qui régnait dans la pièce. Je ne distinguais aucune lampe, mais il y avait comme une source omniprésente qui produisait un halo autour des objets. Je suis resté là à contempler un cadre où défilaient tout un tas d’images reposantes, de nature et d’animaux. Je ne savais pas où j’étais, mais étrangement,… [more]

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Comment produit-on de l'azote liquide ?

L'azote liquide, ce n'est pas un produit qu'on trouve dans un des rayon des grandes surfaces aujourd'hui. Mais d'où est-ce que cela provient ? Peut-on en produire soi-même ? Comment cela se stocke t-il et est-ce que c'est un polluant ? Nous allons tenter de répondre à toutes ces questions. L'air est composé à près de 80% de diazote. On l'appelle également nitrogène, mais ce n'est pas l'appellation… [more]

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Des corps sortis du temps : conservation des corps dans l'Egypte ancienne

Les égyptiens n'ont pas été les premiers à conserver leurs morts : entre 6000 et 1000 avant J-C, les Chinchorros (sur les cotes du Pérou) avaient développé des techniques élaborées de "reconstitution" des cadavres par décarnisation, bourrage et utilisation de la peau pour habiller le corps remodelé. Les égyptiens étaient de longue date des chasseurs et des pêcheurs; ils savaient que… [more]

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Rajeunir les tissus musculaires humains – c’est possible !

Dans cet article, nous allons revenir sur une étude réalisée par des chercheurs de l'université Berkeley en Californie qui ont identifié un mécanisme biochimique critique qui entre dans le cadre du vieillissement musculaire. En manipulant ce mécanisme, les scientifiques ont été en mesure d'inverser le vieillissement des muscles humains, en restaurant leurs capacités à se réparer. L'étude… [more]

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Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Voici en exclusivité une petite interview de Stephan et Magali Beauregard pour le portail francophone de la cryonie (PFC). PFC : Beaucoup d'internautes pensent que la cryonie, c'est de la science fiction, et que c'est un projet un peu fou en fin de compte... SB : Au début du dernier siècle, peu de gens aurait imaginé voir voler des avions pesant des milliers de tonnes, aller dans l`espace… [more]

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3) Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (2/3)

Voici en exclusivité une petite interview de Stephan et Magali Beauregard pour le portail francophone de la cryonie (PFC). C’est la suite de l’interview dont la première partie a été publiée dans cet article. Nous allons aborder ici la technique de la vitrification.

PFC : On entend souvent dire que la réanimation des corps ainsi préservés avec la technologie actuelle sera impossible à cause de la formation de cristaux de glace qui déchirent littéralement les parois des cellules et provoqueraient ainsi des dégâts irréversibles. Est-ce que cela te préoccupe ?

SB : La vitrification est un processus par lequel un liquide se solidifie sans formation de cristaux. Cette technique de cryopréservation consiste à exposer pour de courtes et longues durées des embryons ou des humains préservés à des concentrations élevées en cryoprotecteurs puis de les refroidir ultra-rapidement, ce qui induit une augmentation de la viscosité favorisant la formation d’un état vitreux intra et extra-cellulaire. Malgré l’obtention de taux de survie et de grossesse respectivement de l’ordre de 80 et 30 % accompagnés de la naissance d’enfants en parfaite santé, après vitrification de zygotes, d’embryons segmentés, de morulae et de blastocystes, une appréhension subsiste quant à son application dans les centres d’Assistance médicale à la procréation en France.

PFC : Peux-tu nous parler un peu plus de la vitrification, c’est la solution miracle alors ?

SB :Comme le nom l’indique, la vitrification permet aux systèmes d’être préservés dans un état vitrifié ou vitreux (solide non cristallin), ce qui élimine la rupture structurale causée par les cristaux de glace. Des études qui ont toujours cours en 2011, montrent avec la transmission et le balayage de la microscopie électronique que l’ultrastructure des cerveaux des lapins est bien préservée avec l’utilisation des méthodes actuelles des préparations céphaliques complètes de vitrification et de réchauffement . L’extension de techniques similaires sur des humains cliniquement morts chez une des Société de Cryonie indique, si on se base sur une inspection visuelle et sur d’autres observations, que le cerveau humain peut, en effet, être vitrifié même après une période prolongée de mort clinique. De plus, des études récentes (Y. Pichugin et al. ) ont démontré qu’il n’y a pas que l’ultrastructure mais aussi la viabilité des tranches de l’ hippocampe de rats qui peuvent être préservées par la vitrification. Aussi, des reins de lapins transplantés après avoir été perfusés avec des solutions avancées de vitrification ont supporté la vie avec peu de lésions (G.M. Fahy). Ces observations combinées au fait que les synapses humains sont assez robustes pour survivre après avoir été congelés et réchauffés donnent assez de crédibilité aux propositions qui disent que les informations essentielles que contient le cerveau humain peuvent maintenant être gardées intactes pendant le processus d’atteinte de la basse température et de la stabilisation de la température. Pour implanter le temps de voyage médical, le processus de préservation doit être appliqué après que la déclaration légale de la mort soit faite. Cependant, la mort légale est normalement prononcée après que le cœur ait cessé de battre et que la respiration ait cessée. Même si une brève période d’ischémie cérébrale est nécessaire pour permettre la déclaration légale de la mort, il ne s’agit pas d’un obstacle selon les récentes observations. En effet, il est possible de ressusciter complètement des chiens après 16 minutes d’arrêt cardiaque à la température normale, sans aucun déficit neurologique durable. De plus, il a été démontré il y a plusieurs années que les dommages causés par une ischémie cérébrale complète à température normale de 60 minutes chez un chat pouvaient être réparés en utilisant des méthodes simples, ayant comme résultat la survie du chat qui avait conservé sa locomotion, sa propriété de se laver, ses ronronnements et la reconnaissance du personnel de laboratoire. Les méthodes modernes de support cardiorespiratoires peuvent être appliquées très rapidement après la mort légale (clinique) et permettent de façon non équivoque de maintenir la viabilité biologique du cerveau et du corps pour des périodes prolongées jusqu’à ce que la cryopréservation soit initiée. Pour cela, l’application des méthodes avancées de vitrification sur les humains après la mort légale, ne sont pas invalidées par les lésions ischémiques à température normale. Au delà des embryons, la revue New Scientist annonça, dans un article de Michael Bay du numéro du 28 septembre 1996, ceci : « Une équipe de l’Université de Pretoria en Afrique du Sud a réussi, ce mois-ci, à faire battre à nouveau le cœur d’un rat qui avait, préalablement, été congelé à environ -196°C. [...] Quand il fut dégelé, le cœur se remit à battre normalement et ne montra aucun signe de bris cellulaire au microscope électronique. »

PFC : Mais pourquoi trouve -on encore des publications et des scientifiques qui affirment que la cryogénisation est irréversible ?

SB :Les nouvelles concernant la cryogénisation incluent souvent des déclarations de scientifiques qui affirment que les dommages causés par la glace sont irréversibles. Malheureusement, dans presque tous les cas, ces scientifiques ne sont pas cryobiologistes. Par conséquent, ils ne sont pas assez informés ou qualifiés pour donner une opinion sur les dommages inévitables causés par la glace sur les tissus du cerveau. Aujourd’hui, le glycérol est utilisé de façon routinière afin de protéger les échantillons de sperme et les embryons humains très petits avant d’immerger les cellules dans l’azote liquide. Non seulement les embryons survivent à cette procédure, mais plusieurs on été réchauffés, implantés et on maturés comme des êtres humains normaux, en parfaite santé. Ces gens (certains sont maintenant dans la vingtaine) démontrent que la vie humaine peut revenir après des semaines, des mois ou des années en stase à une température très basse. Donc le protecteur n’est pas si nocif que ca, si il est utilisé correctement. Le glycérol est toxique lorsqu’il est utilisé en forte concentration et ne peut fournir une protection suffisante pour garantir 100 % de survie.

Alors que les solutions de vitrification n’ont toujours pas reçues de certification pour être utilisées sur des patients vivants, certaines Société en Cryonie les utilisent pour préserver le cerveau humain parce qu’elles causent beaucoup moins de toxicité que les autres méthodes de préservation morphologique, comme la fixation chimique. Les micrographes électroniques préliminaires indiquent une excellente préservation de l’ultrastructure des échantillons de cerveaux provenant d’animaux. Les dommages causés par la glace ne sont plus obligatoires, en autant que le système vasculaire du patient est suffisamment robuste et n’est pas obstrué pour permettre la perfusion de cryoprotecteurs.

PFC : Oui la technique est en constante évolution, mais qu’en est-il alors des patients qui ont été cryogénisés par le passé ?

SB :Plusieurs patients en cryogénisation ont été préservés avant que la vitrification ne soit possible. Je serais tenté de penser que leurs chances de revenir seront plus faibles. Leur cerveau n’a été protégé que par une solution de glycérol qui ne prévenait pas assez les lésions. Certains suggèrent que certaines Société en Cryonie sont peut-être en train de perdre leurs temps et gaspiller leurs ressources en préservant des gens qui ont été soumis à de tels dommages. Ceci n’est pas nécessairement vrai. Le lauréat du prix Nobel, Richard Feynman avait prédit en 1959 que les appareils électroniques pourraient être miniaturisés de la grosseur d’une molécule. Il faisait remarquer qu’il n’y a aucune loi physique qui nous empêche de faire bouger des atomes individuels qui pourraient être assemblées pour créer des « machines moléculaires ». Eric Drexler, informaticien, suggérait que ce principe pourrait s’appliquer une toute nouvelle science qu’il a appelé « nanotechnologie moléculaire », ce qui veut dire qu’elle fonctionnerait à l’échelle d’un nanomètre – un milliardième de mètre. Drexler a théoriquement prouvé qu’une machine moléculaire de la taille d’une bactérie pourrait contenir à son bord une puissance informatique équivalente à une puce de microprocesseur de taille modeste. La machine pourrait faire des copies d’elle-même ou être programmée pour effectuer des tâches de la même façon que les robots industriels sont programmés aujourd’hui. Il suggérait même que des milliards de machines moléculaires pourraient envahir le corps du patient cryogénisé et effectuer les réparations sur chaque cellule. Donc, la nanotechnologie offre de l’espoir en ce qui concerne la réparation des dommages causés par la glace.  Ceci est hautement du domaine de l’hypothèse et nous n’attendons pas la nanotechnologie sophistiquée dans un futur rapproché. Ceux qui opte pour la Cryonie ne sont pas pressés. À la température de l’azote liquide, ils restent inchangés même si les années passent. L’objectif des Sociétés de Cryonie est d’améliorer le processus de cryopréservation à un tel point que les dommages seront tellement mineurs qu’une personne pourra être ressuscitée sans qu’il y ait besoin de réparation par une technologie qui n’a pas encore été inventée. Entre temps, ses Sociétés de Cryonie offre la meilleure protection qu`ils ont parce que c’est la seule alternative au décès permanent.

Mais bon, en résumé ; Les systèmes biologiques peuvent rester inchangés pendant plusieurs centaines d’années. Les progrès rapides de la science et de la technique devraient mener à la capacité de rétablir tous dommages biologiques qui ne sont pas irréversibles selon les lois de la physique. Pour cela, plusieurs scientifiques sont à examiner la situation des gens qui sont en phase terminale pour savoir s’ils pourraient être assez bien préservés pour qu’une éventuelle guérison soit compatible avec les lois de la physique. L’ultrastructure du cerveau peut maintenant être préservée de façon excellente par la vitrification. Les solutions de vitrification peuvent maintenant être distribuées à travers les organes avec une rétention de viabilité des organes après la transplantation. Avec les lois actuelles, le cœur doit être arrêté pour quelques minutes avant que les procédures de cryopréservation puissent être commencées sur patient en phase terminale. Des chats et des chiens ont retrouvé les fonctions de leur cerveau dans un excellent état après 16 à 60 minutes d’ischémie cérébrale complète. Par contre, l’arrêt du temps biologique en attendant que la médecine et la science trouvent la réponse à la sénescence négligeable apparaît compatible avec le savoir médical et scientifique d’aujourd’hui.

PFC : Pour toi, la mort n’est qu’un processus biologique réversible donc ?

SB :  Les neurones dépendent de l’apport régulier d’oxygène et de glucose apportés par le flux sanguin. À la température normale du corps, après environ 10 minutes d’arrêt cardiaque, la plupart des neurones ont consommé leurs dernières réserves de carburant et un processus complexe de lésions ischémiques débute. Alors que ce processus n’est pas encore totalement compris, les chercheurs savent que le résultat du support cardiorespiratoire (SCR) a tendance à avoir peu d’effets lorsque qu’il est pratiqué sur des patients qui ont été plus de six à huit minutes sans flux sanguin lorsque le corps est à sa température normale. Ceci change de façon importante lorsque le patient est sous hypothermie (la température du corps est plus basse) après l’arrêt cardiaque. Il existe des cas de ressuscitation médicale qui ont été un succès sur des patients ayant été plus de deux heures sans aucun signe vital, alors qu’ils étaient tombés dans une eau glaciale ou dans la neige au Canada. À partir de l’équation d’Arrhénius, qui date de plus d’un siècle, les scientifiques comprennent que toutes les réactions chimiques se produisent plus lentement à des températures plus basses. Les réactions chimiques dommageables au niveau des cellules ne font pas exception à cette équation.

La médecine de ressuscitation a aussi déterminée que la médication comme les antioxydants et les inhibiteurs calciques peuvent aider à ralentir les lésions post-ischémiques. Les scientifiques tentent à titre de protection et préservation du cerveau en utilisant de la médication, le SCR et le refroidissement externe du corps après l’arrêt cardiaque. Certains chercheurs disent, qu’en autant que l’intégrité du cerveau est protégée, le patient conserve ses chances d’avoir une vie nouvelle dans le futur. Idéalement, dans les quelques minutes qui suivent la déclaration légale de la mort, le patient est immergé dans un bain de glace portable, et recoit une médication afin de minimiser la coagulation sanguine et les lésions post-ischémiques, ils administrent de l’oxygène et apportent un support cardiorespiratoire mécanique afin de forcer la circulation. Ce processus de refroidissement, jumelé au support métabolique, se poursuit sans interruption lorsque le patient est transporté jusqu’à un endroit approprié (souvent à la morgue) où une équipe cathéterise les vaisseaux fémoraux et enlèvent le sang avec une solution similaire à celle utilisée habituellement pour préserver les organes qui servent aux transplantations.

Afin de pouvoir effectuer les procédures initiales, il faut que la mort légale soit prononcée rapidement. Par la suite, l`idéal est que le patient ait une intraveineuse installée pour permettre aux scientifiques d’administrer la médication comme l’héparine et la streptokinase afin de réduire les risques de coagulation sanguine. Ils essaieront d’intuber le patient afin de permettre un apport efficace de l’oxygène. Parce que le patient a été légalement déclaré mort, les procédures faîtes ne sont pas considérées comme étant des procédures médicales, donc ne sont pas sujettes aux règles médicales. Si les politiques de l’hôpital ou autres circonstances empêchent d’appliquer ses procédures post-mortem, le patient sera transporté dans un autre endroit le plus vite possible. Au minimum, l`équipe paramédic souhaiteraient pouvoir injecter l’héparine et administrer le support cardiorespiratoire afin de faire circuler l’héparine à travers tout le corps.

L’interview étant relativement dense, nous avons préféré vous la livrer en 3 articles. Retrouvez la première partie de cette interview qui a été publiée dans cet article. Dans la 3ième partie, nous traiterons des aspects sociaux et psychologiques de la cryonie. N’hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez lui poser directement des questions. En attendant, nous vous laissons avec cette interview d’octobre 2009:

cryonie.net s’est doté d’un Tel/Fax

Bonjour à tous. Voici un numéro de téléphone où vous pouvez nous laisser des messages, suggestions, etc. Vous pouvez même nous envoyer des Fax. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos notes, propositions d’articles et suggestion par ce média, même si le mail reste le meilleur support.

Les meilleurs messages téléphoniques (les plus rigolos, les plus sérieux, les plus étranges) seront mis en ligne et un vote permettra de départager le gagnant. Le gagnant recevra une clé USB et quelques flyers « cryonie.net ». C’est plutôt symbolique, mais nous faisons avec nos moyens ! Par avance, merci, et à bientôt.

Tel/fax: 09 72 25 96 80

Et toujours pour nous contacter: contact@cryonie.net

Hibernation et extension de la durée de vie

Effervesciences n°72 Sept-Oct 2010 nous présente un article intéressant sur l’hibernation. Nous avons déjà traité de l’utilisation de l’animation suspendue pour sauver des vies sur un champ de bataille ou après un accident violent. Nous allons ici nous attacher plutôt à décrire ce phénomène chez l’animal.

L’hibernation est un état d’hypothermie régulée, durant plusieurs jours ou semaines qui permet aux animaux de conserver leur énergie pendant l’hiver. La diminution de la température interne entraine un ajustement des différentes fonctions. Le métabolisme diminue de 98% durant l’hibernation. Il y a diminution de la consommation d’oxygène, du rythme respiratoire, du rythme cardiaque (de 350 à 3 battements par minute pour le spermophile, de 500 à 5 pour le lérot), du flux sanguin (avec un irrigation particulière pour le cerveau et le cœur, ainsi que pour le tissus adipeux), du taux d’hormones de croissance. Seulement certaines zones du cerveau restent actives. Mais il ne faut pas croire que l’animal ne se réveille pas – le réveil est très rare au début, puis devient de plus en plus fréquent avant la sortie d’hibernation. Ces réveils de quelques heures sont fondamentaux, sinon l’animal meurt. Ils permettent d’éliminer les déchets de l’organisme. 90% de la perte de poids pendant l’hibernation est due à ces phases de réveil. On observe d’ailleurs une régression synaptique réversibles chez les hibernants, tout comme les personnes atteintes d’un Alzheimer (non réversible bien entendu). Les chercheurs estiment que l’hibernation est un gain en terme d’énergie, mais l’animal ne doit pas dépasser 7Kg car au delà, l’énergie nécessaire lors des périodes de réveil est trop conséquente. C’est ainsi que j’ai appris que l’ours n’est pas un hibernant, sa température ne baisse pas (mais ses battements cardiaques diminuent légèrement) ! Il en est de même pour les blaireaux, les ratons laveurs et les opossums. Les ours sont des semi-hibernants.

Plusieurs mois avant la période d’hibernation, les hibernants stockent et consomment énormément de nourriture. Par exemple, le spermophile passe de 150 grammes de masse corporelle à 350 grammes. Les réserves sont essentiellement des réserves lipidiques stockées sous la peau. Les hibernants aménagent ensuite leur terrier que l’on nomme une hibernaculum. L’hibernaculum est choisi pour éviter des variations thermiques importantes. Les animaux se mettent dans une position qui garde le maximum de chaleur, généralement en boule. La température corporelle de l’animal chute alors de façon spectaculaire jusqu’à ce que la température interne s’approche de °C ou 2 °C.

Au niveau cellulaire :  Les processus cellulaires sont stoppés ou tout au moins fortement ralentis de plusieurs manières :

  • Phosphorylation : Des groupes phosphoryles se fixent sur les pompes à sodium et à potassium, empêchant ainsi les échanges de ces ions entre les compartiments intracellulaires et extracellulaires. De plus, des groupements phosphoryles s’attachent aux ribosomes, ce qui bloque la synthèse protéique.
  • Source d’énergie cellulaire pendant l’hibernation : Alors que l’énergie cellulaire est en temps normal principalement tirée de l’oxydation de molécules de glucose, ce sont les lipides qui deviennent la source d’énergie prioritaire pendant l’hibernation.
  • Ralentissement de la transcription de l’ADN :  Une acétylase favorise la transition des histones de leur état acétylé vers l’état désacétylé. Ceci provoque une condensation accrue de l’ADN, qui s’enroule alors plus étroitement autour des histones, et rend les gènes beaucoup moins accessibles. En outre, les ARN polymérases ne sont plus actives, ce qui réduit encore les possibilités de transcription.

La diminution du métabolisme permet-elle une économie en terme de durée de vie ? Nous savons que les régimes hypocaloriques entraine une diminution du métabolisme et donc un ralentissement du vieillissement. L’hibernation procède t-elle du même acabit ? Rien n’est certain de ce coté. On peut le subodorer, mais il faut pour cela connaitre le stress provoqué par les phases de réveil. Ces petits chocs violents sont-ils délétères pour l’organisme, ne viennent-ils pas gâcher l’économie réalisée par le métabolisme durant la phase de sommeil ? Je ne sais pas si une étude a déjà été réalisée sur la question – il suffirait de prendre 2 populations de rongeurs et d’empêcher l’une d’elle d’hiberner et de relever les durées moyennes de vie des deux populations.

Sources :

La science face à la réincarnation

Certaines personnes se demandent si la cryonie n’est pas incompatible avec l’existence d’une vie dans l’au-delà, ou encore, avec le concept de réincarnation. Analysons de plus près ce phénomène à la lumière de la science avant de commencer une réflexion à ce sujet. Selon Platon,  1000 ans séparent une naissance d’une renaissance: 100 années sur Terre suivies de 900 de purgatoire sous Terre. Pythagore se rappelait de 4 vies antérieures. Même dans la bible, on trouve des traces de cela alors que cela semble en contradiction avec la notion de jugement final et de résurrection des corps. En terre chrétienne, un quart des français croit en la réincarnation.  Mais qu’en dit la Science ?La science doit traiter des faits – mais nous ne disposons que de témoignages à ce niveau. Des données vierges, des expériences que l’on peut répéter, c’est très difficile, voir impossible à obtenir. Les témoignages des jeunes enfants se « souvenant » d’autres vies passées sont difficiles à recueillir et ceux des adultes demandent souvent des méthodes d’hypnose régressive mettant le sujet dans un état de forte suggestibilité. Des chercheurs américains ont mis en place un programme nommé ASVA pour analyser les souvenirs de vies antérieures en recueillant des milliers de témoignages. L’américain Ian Stevenson, précurseur dans le domaine,  a lui aussi recueilli plus de 3000 témoignages en parcourant le monde. Les résultats de Stevenson semblait donner du crédit à la théorie de la réincarnation. Ce qui choque quand on examine les témoignages, c’est que les souvenirs portent souvent sur de grands destins : on se souvient plus facilement d’une vie de pharaon que de celle d’un paysan. Et comme on dispose de plus d’informations sur les pharaons que les paysans de cette époque, on serait amené à douter justement de cette thèse, l’explication la plus simple étant souvent la meilleure. Les psychanalystes semblent privilégier d’autres pistes : personnalités multiples, cryptomnésie, archétypes, créativité imaginaire, théorie de Jung sur l’inconscient collectif, etc. C’est une autre façon d’expliquer le phénomène sans avoir besoin de passer par la réincarnation.

Aucune des preuves apportées aujourd’hui par les témoignages n’a pu être certifiée d’une part, et d’autres parts, d’autres explications sont possibles. La réincarnation est souvent associé au karma et il ne faut pas oublier que le karma a été une arme brandit par une minorité de puissants pour faire accepter au peuple un destin misérable qui leur permettra d’accéder à une vie meilleure, mais dans une autre vie. La réincarnation est peut-être une croyance fausse comme beaucoup d’autres, même si nous pouvons en avoir l’intuition. N’avons nous pas l’intuition qu’une boule de pétanque en métal tombe plus vite qu’une boule de la même taille en plastique creux ? Et pourtant, c’est une fausse croyance comme celle de penser que la Terre est plate. Ce n’est peut-être pas le cas de la réincarnation, mais nous devons prendre ces doutes en considération.

Maintenant, imaginons que la réincarnation soit une réalité. En quoi la cryonie est-elle incompatible avec elle ? L’existence de l’âme ? La plupart des mystique s’entendent sur le fait que l’âme n’a pas d’empreinte spatiale ou temporelle. Elle « est » de tout temps. Ce qui signifie que 10 ans ou 10.000 ans se déroulent au même instant à son échelle. La cryonie et la possibilité de vivre plus longtemps ne signifie en rien l’immortalité. Il existera toujours de multiples façons de mourir et cela sera peut-être une choix raisonné au bout de plusieurs milliers d’années de vie. Dans ce cas, l’âme continuera son bonhomme de chemin sans avoir eu l’impression d’avoir perdu son temps. Qu’en pensez-vous ?

Source : Science Revue N°43 Aout-Octobre 2010

J’ai lu pour vous … Gilgamesh le roi d’Ourouk de Robert Silverberg


Gilgamesh est probablement le premier homme dont on ait une trace écrite et qui a recherché l’immortalité de tout son être. C’est la raison pour laquelle j’avais envie de vous en parler sur ce site. Voici certainement le plus étrange roman de Robert Silverberg, l’un des géants de la SF contemporaine.  L’un des plus anciens documents écrits connus (il daterait de 2 500 av. J.-C.), qui a inspiré des textes sacrés parmi les plus importants de la civilisation judéo-chrétienne, L’Épopée de Gilgamesh est un texte majeur de l’histoire de l’humanité. Fasciné par ce matériau peu commun, Silverberg s’en est inspiré pour raconter sur un mode épique les aventures du roi d’Ourouk, mythique souverain sumérien (l’actuelle Irak).

Dans les tablettes originelles, Gilgamesh, de la ville d’Uruk, est dur et intransigeant. À la demande de ses sujets, la déesse Aruru lui confectionne avec de l’argile un double hirsute mais bon, Enkidu, qu’il rencontre en duel. Au terme du combat, tous deux comprennent leur complémentarité et s’allient pour accomplir de grands exploits. Mais Enkidu meurt et Gilgamesh, au comble de la tristesse, part à la recherche du secret de l’immortalité auprès d’Uta-Napishtim, qui lui fait l’étrange récit d’un déluge. Au moment de partir il lui révèle l’existence d’une plante de jouvence. À peine Gilgamesh a-t-il pu se procurer la plante qu’il se la fait dérober par un serpent et comprend qu’il n’est pas dans la nature de l’homme de vivre immortel. Une telle quête est vaine et l’on doit profiter des plaisirs qu’offre la vie présente. La similitude est frappante entre un Gilgamesh, roi de Uruk, deux tiers dieu et un tiers humain, effectuant une série d’œuvres devant le mener à l’immortalité, et Hercule, Gloire de Héra, moitié dieu et moitié homme, effectuant 12 travaux qui le mèneront à son tour à l’immortalité.

Voici quelques passages du livre qui nous permettent d’appréhender le personnage :

Suite à la mort de son ami Enkidu, Gilgamesh entreprend un périple : « J’AI REPRIS ma longue pérégrination; mais toute détresse et démence qu’elle fût, elle avait désormais un but. Je ne pourrais dire combien de mois j’ai marché de la sorte, à travers quelles steppes, quelles vallées, quelles plaines. Je cheminais parfois péniblement face à l’astre solaire, œil immense et furieux de blanche incandescence qui m’étourdissait; parfois le soleil se tenait dans mon dos, pâle et bas sur l’horizon; parfois encore sur ma gauche. Mais j’ignorais quelles directions j’empruntais. J’ai croisé des rivières et je les ai franchies à la nage; je doute qu’il se fût jamais agi de l’un ou l’autre des deux fleuves du Pays. J’ai traversé des marécages et des territoires de sables humides comme une fange sous mes pas. J’ai franchi des dunes et de vastes étendues arides. Je me suis frayé passage dans des halliers de joncs épineux qui me tailladaient la chair comme des ennemis vindicatifs. Je me nourrissais de lièvre, de castor, de sanglier et de gazelle, à défaut de quoi je me contentais de lion, de chacal et de loup; si la terre n’était pas giboyeuse, je mangeais des racines, des noix et des baies sauvages. Et quand il n’y avait rien à manger, je m’en passais sans peine. Une force divine m’habitait. De nature divine était aussi ma quête. » [P293]

« CE FUT un voyage de peu d’agrément, semé d’embûches. Je n’en garde pas un souvenir attendri. J’ai mis des jours et des jours à descendre le versant méridional de la montagne sous une chaleur torride ; le soleil, dans sa course ascendante, me frappait comme un gong brutalement sonore. Je craignais que sa violence ne m’aveugle et m’assourdisse à la fois. Les nuits apportaient l’âpre froidure des vents hurleurs, mordants comme lame. Les rochers aux arêtes coupantes étaient branlants ; si je faisais un faux pas, ils glissaient en me projetant aux narines des nuages de poussière rouge et sèche. Par deux fois je me suis blessé les jambes dans l’escalade; cent fois je me suis coupé dans une chute. La soif me torturait en permanence. Tout au long du dévers, des essaims acharnés d’insectes agressifs me tournaient autour du visage, cherchant mes yeux. Pour toute nourriture je ne trouvais que les lézards endormis au soleil ainsi que les insectes sauteurs à longues pattes qui abondaient en ces lieux. En guise d’eau je mâchais les brindilles des plantes chétives dont la sève me brûlait la bouche. Du moins, je n’ai pas croisé de démons. Des lions parfois, tout aussi poussiéreux et lamentables que moi-même, et qui se sont tenus à l’écart. Souvent je doutais de survivre jusqu’au bas de la pente et quelquefois la certitude de l’échec me gagnait. L’impossible cependant, je l’ai constaté, à l’épreuve se révèle souvent très difficile sans plus, parfois même malaisé seulement. Tel fut le cas. Je n’irai pas jusqu’à dire que descendre cette montagne était aisé : aucun autre homme peut-être n’y serait parvenu » [P301]

«  Je suis Gilgamesh, ai-je répété. Alors, la force et la chaleur que je sentais en elle m’ont conduit à la confidence. De pot de bière en pot de bière je lui ai parlé d’Enkidou, mon frère, mon ami que j’avais tendrement aimé, qui traquait l’âne sauvage des collines et la panthère des steppes. Je lui ai dit notre compagnonnage, nos chasses en commun, nos joutes amicales, nos fêtes partagées; les exploits qu’ensemble nous avions accomplis. Je lui ai dit le mal qui l’avait abattu, je lui ai dit son trépas et le deuil qui m’avait affligé. « Sa mort me pèse ainsi que la plus douloureuse des pertes. Comment pourrais-je connaître la paix? L’ami que je chérissais tant s’en est retourné à l’argile.

  • Ton ami a péri et tu t’es beaucoup lamenté. Oublie-le maintenant. Aucun chagrin n’égale celui que tu as enduré.
  • Tu ne me comprends pas.
  • Alors explique-moi. Elle m’a servi une autre bière.
  • Avant de répondre j’ai pris une longue gorgée de la boisson douce et mousseuse. « Sa mort m’a plongé dans la crainte de ma propre disparition. Et c’est depuis ce temps que je parcours le monde à l’aventure.
  • Tous, nous devons mourir.
  • Toujours et partout j’entends dire ces mots : l’homme-scorpion dans la montagne, Utu du haut du firmament me les ont répétés ; toi-même aujourd’hui. Faut-il vraiment que je m’étende un jour comme Enkidou pour ne plus jamais me relever dans les siècles des siècles ?
  • C’est ainsi, Gilgamesh », a-t-elle conclu d’une voix sereine.
  • Une fureur brûlante me gagnait. Combien de fois n’avais-je pas entendu cette réponse : C’est ainsi, c’est ainsi, qui résonnait à mes oreilles comme le bêlement du mouton? N’y avait-il que moi pour contester l’autorité souveraine de la mort ?
  • Non ! Me suis-je écrié. Je ne l’accepte pas ! Je continuerai mon chemin, j’irai de par la terre entière s’il le faut, jusqu’à ce que je sache comment échapper aux griffes de la mort ! »
  • L’aubergiste s’est approchée, elle a posé un long regard sur moi. Sa main s’est doucement abaissée sur mon bras. Une fois encore j’ai ressenti la force émaner d’elle, et la tendresse au coeur de cette force. Une aura de bonté entourait cette femme, elle possédait l’énergie tranquille d’une mère. Benoîtement elle m’a dit : « Gilgamesh, Gilgamesh, où cours-tu? La vie éternelle que tu cherches, jamais tu ne la trouveras. Finiras-tu pas l’admettre? C’est lorsqu’ils ont créé l’humanité que les dieux ont aussi créé la mort. La mort qu’ils nous ont destinée, tandis qu’ils se gardaient pour eux la vie.
  • Non. Non. Ma voix n’était plus qu’un murmure.
  • C’est ainsi. Oublie ta quête et profite de la vie qui t’est donnée. Que ton ventre soit repu, que la joie emplisse tes jours et tes nuits, la danse et le chant, la fête et les plaisirs. Dépouille-toi de ces hardes, ne t’habille plus que de propre et de frais. Chéris l’enfant qui te tient par la main, chéris l’épouse qui se réjouit de ton étreinte. C’est ainsi, Gilgamesh, c’est également ainsi. Et c’est la seule façon de vivre : dans la joie, tant que dure la vie. Cesse de broyer du noir et renonce à ta quête.
  • Jamais je ne trouverai le repos.
  • Ce soir au moins, pour une fois. » [P310-311]

« Que te reste-t-il à redouter, Gilgamesh ? Je l’ai regardé en silence. L’émotion paralysante qui m’avait submergé refluait, mais la parole m’était encore difficile et je me contentais de le fixer. Hormis les expressions de son visage, il demeurait aussi figé d’une pierre. Je me suis même demandé si je ne contemplais pas une statue, un ingénieux artefact manoeuvré par un prêtre caché sous le sol au moyen de cordages. Au bout d’un instant je me suis décidé : Je redoute ce qu’il est donné à tout homme de redouter.

D’une voix très lointaine il a demandé : À savoir ?

  • J’avais un ami, comme un autre moi-même ; la maladie l’a saisi, la mort l’a emporté. Depuis ce jour, l’ombre de ma propre mort est tombée sur moi. Elle obscurcit ma vie. Je la vois s’allonger et ne vois plus rien d’autre. Père, j’ai peur.
  • Ainsi le héros tremble de mourir. Impossible de dire s’il se moquait.
  • Non pas de mourir, l’ai-je repris. Mourir n’est qu’une souffrance, je connais la souffrance et ne la crains pas tant. Car elle se dissipe. C’est de la mort que j’ai peur. C’est de me voir précipité dans la Maison de la poussière et de l’ombre afin d’y demeurer pour l’éternité.
  • Là où ta royauté te sera retirée, où tu ne boiras plus le vin capiteux dans une coupe d’albâtre? Où nul ne chantera plus ta gloire, où le confort te fera défaut ?
  • C’était injuste de sa part. J’ai répliqué sèchement : C’est faux. Crois-tu que j’attache tant de valeur au confort, moi qui de mon plein gré m’en suis allé de ma cité pour parcourir, errant, les terres sauvages ? Crois-tu que le vin me soit indispensable, ou les beaux vêtements, les harpistes pour chanter mes exploits? Ce sont choses que j’apprécie : qui les repousserait ? Mais je ne redoute pas d’en être privé.
  • Alors dis-moi ce qui t’effraie.
  • Subir la perte de mon être. Mener l’existence d’une ombre ayant quitté la vie, pauvre chose de cendres qui traîne ses ailes dans la poussière. Cesser de percevoir; cesser de courir; cesser de voyager; cesser d’espérer. Car Gilgamesh c’est tout cela, et dans ce lugubre séjour il n’y aura plus de Gilgamesh. Toute ma vie, saint père, se résout en une quête ; je ne supporte pas que cette quête prenne fin.
  • Toutes choses ont une fin pourtant.
  • Est-ce bien vrai ?

Il m’a fixé du regard soutenu de ses yeux laiteux d’aveugle, comme s’il scrutait mon âme. Si nous bâtissons une maison, la croyons-nous indestructible? Si nous signons un contrat, le tenons-nous pour un lien éternel? Après la crue, les eaux de la rivière ne se retirent-elles pas? Rien n’est durable. La libellule vit son premier âge dans un cocon ; puis elle éclôt, elle entrevoit un moment le soleil ; et disparaît. Il en va de même pour le genre humain. Le serviteur et le maître tous deux disposent de leur bref instant, le temps d’apercevoir le soleil. C’est ainsi. Ces mots encore, qui me réduisaient au désespoir !

  • C’est ainsi ! Ai-je crié. Toi aussi me dis cela, mon père ?
  • Peut-il en être autrement? La même destinée nous est à tous dévolue.
  • J’ai répliqué, avant de pouvoir contrôler mes paroles : Et même à toi, saint père ?
  • Une remarque grossière autant que stupide, et mes joues se sont empourprées aussitôt. Mais il est resté impassible. Nous parlerons de moi une autre fois, m’a dit le Ziusoudra calmement. Aujourd’hui, c’est de toi qu’il s’agit. Et voici ma pensée, Gilgamesh d’Ourouk : non, tu ne crains pas tant la mort que tu n’enrages de devoir t’y soumettre.
  • Quelle différence ? Ai-je fait. Peur ou rage ? Je n’en vois pas. Ce que je vois, c’est un monde plein de joies et de merveilles que je n’ai pas désir de quitter. Mais il le faudra bientôt.
  • Non, pas si tôt, Gilgamesh.
  • Pourquoi ? Connais-tu le nombre de mes jours à vivre ?
  • Moi? Non, certes non. Je ne voudrais pas t’abuser à ce sujet. Mais te voici encore jeune et très vigoureux. Il te reste bien des années devant toi.
  • Si nombreuses soient-elles, c’est encore trop peu. Car elles sont comptées, mon père.
  • Et c’est ce qui provoque ta colère.
  • Ce qui provoque ma détresse profonde.
  • Alors, dans ta détresse, tu es venu me trouver.
  • C’est vrai.
  • Est-ce la sagesse que tu sollicites de moi ou bien est-ce la vie?
  • Je ne puis rien te cacher. Je suis venu chercher la vie, saint père. La sagesse est d’une autre nature. Elle viendra, j’espère, avec le temps ; mais c’est de temps que j’ai besoin.
  • Et tu crois possible, parvenu sur cette île, d’obtenir ce temps pour toi-même.
  • Je l’espère, oui.
  • Alors puissent les dieux t’accorder ce que tu désires », a dit le Ziusoudra. Un long silence s’en est suivi. Sa tête s’est affaissée sur sa poitrine, il a paru se perdre dans ses pensées : il a froncé les sourcils, pincé les lèvres, soupiré. Je sentais bien que je l’avais fatigué; je n’osais plus prononcer un mot. Interminable, l’instant qui s’écoulait. Allez, me disais-je tout bas, viens vers moi, donne-moi ta bénédiction, enseigne-moi le secret de la vie éternelle. Mais lui de soupirer encore, de se renfrogner à nouveau.

Puis il a levé la tête et m’a fixé des yeux avec une telle intensité que j’avais du mal à le croire aveugle. Il a souri et m’a dit doucement : « Gilgamesh, il faudra que nous reparlions de ces choses. Je t’enverrai chercher un autre jour. » Et du plus faible des gestes il m’a congédié. J’ai senti qu’un invisible rideau descendait entre nous. Assis devant moi se tenait encore le Ziusoudra, mais il n’était plus là. Alors Lou-Ninmarka, qui était resté auprès de moi depuis le début, s’est avancé pour me toucher le coude. Je me suis relevé ; j’ai présenté mon salut ; j’ai pris congé. Et j’ai suivi Lou-Ninmarka par le labyrinthe obscur qui menait au monde extérieur, comme celui qui marche dans son sommeil. » [P335-338]

« Oui, mes journées sont lourdes et chargées. En vérité, il ne me reste guère de repos. Mais je n’aimerais pas qu’il en fût autrement. Concevoir, œuvrer, construire, faire : est-il une autre façon de vivre? Là réside le salut de nos âmes. Écoutez la musique nous venir du patio : le harpiste joue de son instrument, et par les mélodies qu’il compose il paie le prix de sa naissance au monde. Voyez l’orfèvre courbé sur son établi. Le charpentier, le pêcheur, le prêtre, le roi; c’est dans l’exécution de nos tâches que nous répondons à l’attente des dieux. Nous n’ avons pas été créés dans cette vie pour autre chose. Le caprice des dieux nous a précipités dans un monde incertain où règne la précarité ; il nous faut, dans ce tourbillon aléatoire, trouver à nous assujettir en lieu sûr. Nous obtenons cela par le travail ; le mien est d’être roi.

Ainsi je me donne à l’ouvrage, mon peuple fait de même. Les temples, les canaux, les murs de la cité, l’empierrement des rues… comment nous arrêter de réparer, reconstruire, restaurer ? C’est ainsi. Les rites et les sacrifices par lesquels nous contenons le flot des puissances du chaos… comment nous interrompre de les observer? C’est ainsi. Nos tâches nous sont connues, nous nous en acquittons, tout est en ordre. Oyez cette musique dans le patio ! Tendez l’oreille ! Écoutez-la !

Bientôt – fasse le ciel que l’heure en soit différée ; pourtant je serai prêt quoi qu’il advienne – bientôt, j’entreprendrai mon ultime voyage » [P388-389]

Quelques mots pour conclure

La plupart de ceux qui ont opté pour la cryonie chérissent le même vœu que Gilgamesh qui cherche à ne pas sombrer dans le néant, de profiter encore d’avantage de l’instant présent. Sa quête est motivante, il lui faut affronter de multiples périples, ainsi que l »incrédulité générale des gens de son époque qui ne comprennent pas ce que Gilgamesh a entrepris. « On meurt – c’est ainsi ! « , cela sonne comme une fatalité. Nous avons tous entendu cela de nos proches, de nos amis ou de personnes avec lesquelles nous discutons. Je n’aime pas la fin du livre, cela sonne comme un commandement : celui d’arrêter cette quête vaine qui n’est pas faite pour l’homme, même pas pour un demi-dieu ! Gilgamesh est l’archétype de l’alchimiste qui ne trouve que la sagesse au cours de sa recherche de l’élixir de vie qui est extrait de la pierre philosophale. Je préfère penser que Gilgamesh a finit par trouver ce qu’il cherchait… et vous ?

Pour poursuivre l’aventure : « l’épopée de Gilgamesh » sur wikipédia.

L’ANT, une protéine capable de bloquer la mort cellulaire programmée (Apoptose)

L’apoptose ou mort cellulaire programmée est un processus naturel d’élimination des cellules surnuméraires, endommagées ou âgées. Elle permet aux organismes vivants de contrôler le nombre de leurs cellules. Une dérégulation de ce mécanisme est mise en cause dans environ la moitié des pathologies humaines. Ainsi, un excès de mort cellulaire conduit à des pathologies comme le SIDA ou à des maladies neurodégénératives et un défaut de mort engendre des maladies comme le cancer ou des maladies auto-immunes. De ces observations découle l’hypothèse selon laquelle les protéines impliquées dans le processus d’apoptose pourraient être de bonnes cibles thérapeutiques et ceci, pour un grand nombre de maladies. Dans ce contexte, en 1998, l’équipe de Guido Kroemer, directeur de recherche à l’Institut Gustave Roussy, et Catherine Brenner (alors en stage post-doctoral dans son équipe CNRS à l’hôpital Paul Brousse, Villejuif) avaient découvert que la protéine mitochondriale ANT ou translocateur de nucléotides à adénine, jouait un rôle clé dans le contrôle de l’apoptose.

Depuis, les chercheurs ont approfondi cette étude dans une perspective thérapeutique. Ils ont mis en évidence, pour la première fois, que le blocage de la mort cellulaire programmée au niveau de la mitochondrie est une stratégie permettant d’améliorer le pronostic de trois pathologies différentes comme l’hépatite fulminante, le choc septique dû à l’enterotoxine B du staphylocoque et l’infarctus provoqué par l’occlusion d’une artère cérébrale.

L’équipe de Catherine Brenner et Guido Kroemer a ensuite montré que des molécules déjà utilisées dans le cadre de la trithérapie du SIDA, comme le nelfinavir et le ritonavir, pouvaient avoir une activité thérapeutique importante, indépendamment de l’infection virale par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Leurs effets ont été démontrés chez la souris à la fois in vivo et in vitro, et in vitro dans des modèles de culture de cellules humaines. La cible de ces molécules a été identifiée comme étant une protéine mitochondriale, la protéine ANT. Ses interactions avec le nelfinavir ont été modélisées en trois dimensions (figure 1). Les deux molécules, le nelfinavir et le ritonavir, trouveraient ainsi de nouvelles applications en médecine préventive.

Ces travaux permettent d’envisager de nouvelles perspectives thérapeutiques. Ils ouvrent la voie à la recherche d’autres inhibiteurs de la phase mitochondriale de l’apoptose pour des pathologies comme le diabète ou les maladies neurodégénératives.

Source : CNRS

S&V n°742 : Le gène de l’immortalité

C’était il y a plus de 30 ans, le mensuel Science & Vie de Juillet 1979 titrait : « le gène de l’immortalité » en se basant sur les dernières découvertes du Professeur Roy Walford. Pour certains, ce nom n’est pas inconnu puisqu’il est le principal scientifique de la première équipe de Biosphère 2. L’article était assez tape à l’œil car ce gène n’a pas été identifié – Le système immunitaire étant un programme  fort complexe. L’idée est qu’un système immunitaire performant nous permet de vivre plus longtemps. Cela va de soit aujourd’hui, mais ce n’était pas aussi évident à l’époque. Nous savons que le vieillissement est lié à une forme d’usure des cellules, mais qu’elles n’arrivent jamais ou presque en sénescence réplicative. Les radicaux libres dont on parle souvent font partie des variables du problème : plus le système immunitaire sera performant, plus il pourra lutter contre les mauvaises cellules et aider à réparer celles qui peuvent être sauvées.

Roy Lee Walford (29 juin, 1924 San Diego, Californie – 27 Avril, 2004) était un médecin américain, pionnier dans l’étude de la longévité. Il est mort à l’âge de 79 ans d’un arrêt respiratoire, complication d’une sclérose latérale amyotrophique (maladie de Lou Gehrig). Il était un des plus fervent défenseur de la restriction calorique comme méthode pour accroître la longévité et améliorer la santé.

Par curiosité, cela ne vous dit pas de lire l’article de 1979 ? Rien que vous yeux :)

Walford est l’auteur de plusieurs livres, et il a fait le point sur ses convictions diététiques dans le bestseller Un régime de longue vie (1987) traduction de The 120-Year Diet (1986) – réédité en 2000 uniquement en anglais sous le titre Beyond the 120-Year Diet. En outre, il a publié au moins 340 articles scientifiques, principalement à propos du vieillissement biologique.

Le Dr. Walford est l’auteur ou le coauteur des livres suivants:

  • « Leukocyte Antigens and Antibodies », Grune and Stratton, Inc., 1960, New York
  • « The Isoantigenic Systems of Human Leukocytes: Medical and Biological Significance », dans Series Haematologica Volume 2, Munksgaard, Copenhagen,1969, p. 1–96
  • « The Immunological Theory of Aging », Munksgaard, Copenhagen,1969,
  • « Maximum Life Span », W.W. Norton & Co, New York, 1983, (ISBN 0-380-65524-1)
  • « La vie la plus longue », Editions Robert Laffont S.A., Paris, 1984, (ISBN 2-221-01085-X)
  • The 120-Year Diet », Simon and Schuster, New York,1986,(ISBN 0-671-64904-3)
  • « Un régime de longue vie », Editions Robert Laffont S.A., Paris, 1987, (ISBN 2-221-05171-8)
  • « The Retardation of Aging and Disease by Dietary Restriction », Charles C. Thomas, New York,1988
  •  » The Anti-Aging Plan », Four Walls Eight Windows, New York,1994,(ISBN 1-569-24383-2)
  • « Beyond The 120-Year Diet », Four Walls Eight Windows, New York,2000,(ISBN 1-568-58157-2)

Connaissez vous le respirianisme ?

Peut-on survivre sans prendre de nourriture ni d’eau pendant des semaines, des années voire des décennies? La plupart des gens, scientifiques ou spécialistes répondront spontanément : c’est impossible ! Mais comment réagiront ces mêmes scientifiques et spécialistes lorsqu’ils seront confrontés aux preuves, rapports certifiés, interviews et expériences en laboratoire à l’appui, constatant que ce phénomène, parfois aussi désigné par «Respirianisme», existe ?

Le film ci-dessus est une enquête passionnante et intrigante autour du monde. Il explore non seulement la connaissance issue des traditions spirituelles asiatiques, mais dévoile aussi les derniers modèles d’explications tirés de la physique quantique.

Le terme inédie (parfois appelé respirianisme ou pranisme) s’emploie à propos d’une personne qui ne se nourrit pas  sans raison physiologique particulière, ni médicalement expliquée. Ce jeûne est volontaire et le cas de contrainte par des tiers, prisonniers ou otages, par exemple, n’est pas considéré ici. Le jeûne est total : ni eau ni nourriture. Il peut durer pendant des mois, voire des années, et il est souvent présenté par le sujet comme étant d’origine mystique. D’un point de vue scientifique, sans eau, l’espérance de vie pour un être humain en bonne santé dépasse difficilement une semaine, le record étant de 18 jours selon le Livre Guinness des records. Sans nourriture solide, il n’est pas possible de survivre au-delà de quarante à soixante jours.

Avec la notion de respirianisme est associée une théorie selon laquelle l’être humain aurait la possibilité de se nourrir directement de l’énergie présente partout (désignée sous de multiples termes : le Prana (mot sanscrit), le chi ou qi ou ki, l’énergie vitale universelle…) sans passer par l’intermédiaire de la voie digestive. Cette théorie n’a jamais été vérifiée scientifiquement. D’autres sources pensent que cela a un rapport avec la lumière du soleil.

Les cas célèbres :

  • Ellen Greve : Mise au défi d’apporter la preuve de ses dires par une équipe de télévision australienne, Ellen Greve a accepté il y a quelques années d’être filmée à son domicile, puis surveillée par une équipe de vigiles femmes dans un hôtel dans une zone urbaine polluée. Après des difficultés dans cette chambre d’hôtel, elle fut transférée à sa demande dans une retraite en pleine nature afin de pouvoir respirer l’air frais d’où proviennent apparemment « 70% de ses nutriments ». Au bout du quatrième jour de jeûne sans eau, le médecin supervisant l’expérience, Beres Wenck, présidente de la branche du Queesnland de l’Association médicale australienne, lui a fortement recommandé d’arrêter l’expérience par peur pour sa santé. Selon ce médecin, les pupilles de Greve étaient dilatées, son discours était ralenti et elle était « déshydratée ». Vers la fin du test, le médecin déclarait : « Son pouls est le double de celui de qu’elle avait au départ. Elle risque une insuffisance rénale. L’émission de télévision 60 minutes serait responsable si on l’encourageait à continuer. Elle devrait arrêter maintenant. » L’expérience fut donc interrompue. Le Dr Wink précisa : « Malheureusement il y a quelques personnes qui vont croire ce qu’elle dit, et je suis sûre que c’est seulement un petit nombre de personnes, mais je crois qu’il est irresponsable pour quelqu’un d’encourager d’autres à faire quelque chose qui va nuire à leur santé».
  • Prahlad Jani:  Le yogi de 83 ans s’est prêté à une expérience. Il a tenu sans boire ni manger, et sans uriner ni déféquer dans un hôpital à Ahmedabad (Inde), durant 10 ou 15 jours, sous la surveillance d’une équipe de 30 médecins, surveillé 24 heures sur 24 par des caméras, cela en avril-mai 2010. Le yogi affirme avoir passé plus de 70 ans sans eau ni nourriture. Le docteur Illavazahagan en charge de l’affaire espère que « De cette observation jaillira peut-être la lumière sur la survie de l’homme sans eau ni nourriture […] Le recours au scanner vise à comprendre quelle est l’énergie qui soutient son existence. Jani dit qu’il médite pour avoir de l’énergie », explique le médecin à l’AFP. Durant l’expérience Prahlad Jani a été autorisé à se gargariser et à se baigner. De l’avis de James Randi, les protocoles n’ont pas été menés avec assez de rigueur pour qu’on puisse entériner la performance. Le Medical Council of India a crié au canular.
  • Saint Nicolas de Flue (1417-1487) : il aurait vécu 19 ans en vivant seulement de l’Eucharistie (consommation exclusive de l’hostie). Ce n’est toutefois pas en raison de cette prétendue inédie qu’il fut canonisé.
  • Marthe Robin (1902-1981), dont les proches disent qu’elle a été inédique pendant plus de 50 ans, et l’Allemande Thérèse Neumann (1898-1962), toutes deux affirmant être stigmatisées. Des demandes de béatification ont été introduites auprès du Vatican et sont toujours en attente.
  • Balayogi, dans le sud de l’Inde, ne se serait pas nourri pendant plus de 40 ans en restant totalement immobile en position du lotus toute sa vie d’adulte.
  • Mollie Fancher, également appelée « l’énigme de Brooklyn » à la fin du XIXe siècle, aurait cessé de manger à l’âge de 19 ans à la suite de deux accidents. Elle n’aurait rien mangé pendant 14 ans. Des médecins se sont intéressés à elle, mais son cas ne fut jamais vérifié. Elle mourut en 1916.
  • Ram Bahadur Bomjon, adolescent de 17 ans dans le sud de l’Inde, serait resté immobile et sans manger sous un arbre pendant plusieurs mois.
  • Isabelle Hercelin ne mangerait plus depuis septembre 2009 (d’après son témoignage lors de ses conférences).
  • Henri Monfort ne mangerait plus depuis 2002 (d’après son témoignage lors de ses conférences et ses vidéos sur Internet).
  • Michael Werner, docteur en chimie et directeur d’un institut de recherche sur le cancer, ne mangerait plus depuis 2002 selon son propre livre Se nourrir de lumière, l’expérience d’un scientifique. Il a été observé par une équipe de scientifiques pendant 10 jours dans une clinique.

Que peut-on en penser ?

Il n’y a rien de scientifique dans cette approche puisque les expériences n’ont pu être réalisées avec tout le sérieux nécessaire. Je me demande toutefois s’il n’y a pas un peu de vrai dans cette théorie… nous avons peut-être une façon « inconnue » de convertir dans notre corps l’énergie lumineuse ou quelque chose qui s’apparente plus au « Chi ». De là à ne plus avoir besoin de nourriture, ni d’eau, cela semble contraire à notre physiologie. Il est peut-être intéressant de rester ouvert à cette approche et de poursuivre les investigations. En effet, nous savons que les régimes hypocaloriques permettent, tout du moins pour les mammifères, de vivre plus longtemps. C’est peut-être du au mécanisme de digestion, ou à un ralentissement du métabolisme… dans les deux cas, si nous pouvions « attrapper » des calories autrement que par l’alimentation, ce serait probablement un moyen très intéressant pour étendre notre durée de vie tout en maintenant un bon niveau de santé.

J’ai lu pour vous … le grand secret de René Barjavel

L’hypothèse de départ est la suivante : le 17 Janvier 1955, le premier ministre de l’Inde, Nehru, apprend par l’un de ses amis qu’en faisant des recherches sur le cancer, ce dernier a trouvé un virus qui en contaminant son hôte le rend insensible à la vieillesse et résistant aux plus farouches maladies. Pour lui, c’est une catastrophe car le monde n’est pas prêt. Il contacte alors les chefs d’état des autres pays : Elizabeth II, Einsenhower, Kroutchev, … Ils décident tous de garder le secret et d’envoyer les personnes infectées sur une Ile protégée, afin de faire une expérience. Très vites, les habitants de l’île font face à un problème de surpopulation et tentent d’y trouver une solution par la contraception. L’histoire tourne vite à la barbarerie. Le fait de savoir que la mort n’est plus une fatalité nous enlève t-il toute humanité ?

voici un petit extrait intéressant : « Dans le règne vivant, la mort est une absurdité illogique. Elle semble avoir été surajoutée à l’œuvre de la vie, par un accident ou une intervention étrangère. Tout est prévu par la nature pour qu’un organisme vivant, parvenu à un point parfait de développement, s’y maintienne d’une façon définitive. Or, il ne s’y maintient pas. Arrivé au sommet de lui-même, il commence lentement, puis de plus en plus vite, à glisser sur la pente qui le mène à sa destruction. Chez l’être humain, le vieillissement commence dès 18 ans. Alors qu’ils sort de l’adolescence et qu’ ils s’imagine n’avoir rien commencé, l’homme et la femme sont déjà au bout de leur vie ‘intacte’. Déjà, sans le savoir, ils engagent le combat perdu contre la maladie dont nul ne guérit. »

Ce que j’en pense :

Pour ma part, je pense que Barjavel n’est pas dans le vrai. Le but de la vie, c’est la vie, c’est la reproduction de la vie. L’organisme humain est en perpétuelle évolution : des cellules meurent chaque jour et sont remplacées. C’est ce que l’organisme a trouvé de plus simple : il est plus facile de remplacer une pièce cassée que de la réparer. Nos cellules germinales sont immortelles puisque nous nous les transmettons de génération en génération. Le Dieu cellulaire n’a que faire de la survie de notre conscience. Cette dernière n’est qu’un outil supplémentaire pour améliorer les possibilités de reproduction et de survie face à l’environnement. La cellule semble avoir un compteur de réplication : à la fin du compteur, elle ne se reproduit plus du tout (sauf cancer). C’est peut être le meilleur cycle qu’à trouvé la vie pour les êtres humains. Peut-être que les peuplades d’immortels ne pouvaient survivre dans un environnement où les ressources étaient limitées. C’est d’ailleurs certainement l’environnement et notre adaptation à ce milieu qui a fait que nous vivons tant d’années. Donc, je ne suis pas d’accord avec Barjavel quand il parle « d’accident ou d’intervention extérieure ». Je parlerais plutôt d’évolution naturelle. Par contre, je pense que de ce fait, l’organisme a perdu sa faculté d’être immortel et qu’il a accumulé avec le temps un nombre impressionnant de mutations délétères qui font que le secret de l’immortalité doit être composé de tout autant de problèmes qu’il nous faudrait corriger. Sinon, le roman est agréable à lire et nous plonge au coeur d’une fantastique conspiration.

« Le grand secret » aux éditions pocket, ISBN: 2266175947

Témoignage : un couple québecois parie sur la cryonie (1/3)

Voici en exclusivité une petite interview de Stephan et Magali Beauregard pour le portail francophone de la cryonie (PFC).

PFC : Beaucoup d’internautes pensent que la cryonie, c’est de la science fiction, et que c’est un projet un peu fou en fin de compte…

SB : Au début du dernier siècle, peu de gens aurait imaginé voir voler des avions pesant des milliers de tonnes, aller dans l`espace ou discuter comme nous le faisons via internet. Nos grand-parents auraient trouvé cela absurde et stupide qu’on puisse imaginer un jour qu’un coeur ou des organes d’une personne décédée puissent être transplantés après les avoir préservés au froid. Pour le docteur de Grey, spécialiste en bio-gérontologie, des preuves scientifiques en faveur de la cryogénisation existent. « Il y a des gens qui sont tombés dans de l’eau glacée de telle sorte que leurs cerveaux et leurs cœurs ont arrêté de battre pendant une heure au moins. Malgré cela, ils ont été réanimés et ils n’ont eu aucune séquelle. Leur mémoire, leur personnalité et leur identité ont été préservées. » Aujourd’hui, avec l’avancement technologique, on se rend compte que tout cela est possible. La congélation du sperme à -196C est un des nombreux exemples que la Cryogénie fonctionne. L’artiste Céline Dion a eu recours à ce procédé pour avoir son 1er fils et ses jumeaux. Et que dire de plusieurs animaux qui meurent et qui reviennent à la vie (Pas l’hibernation) comme les grenouilles Nord-Américaines ?

En 1971, l’éminent gérontologue, Docteur George Martin, a fait l’observation suivante :  Un investissement relativement modeste au niveau de la recherche pourrait théoriquement fournir à l’humain une solution partielle et intérim au « terrible problème de la conscience de la mort » récemment discuté par Sir John Eccles … Je dois vous avouer que la seule solution qui m’apparaît est celle de la préservation du système nerveux central. Le succès spectaculaire des procédures en cryobiologie en ce qui a trait à la préservation à long terme de la viabilité au niveau cellulaire suggère que, en principe, une préservation satisfaisante complète des organes pourrait être bientôt faite. Bien sûr, … la nécessité sera de faire la préservation in situ, en utilisant sans doute des techniques de perfusion.

Cette suggestion basée sur une proposition originale faite par R.C.W. Ettinger, est basée sur un fait et deux hypothèses. Le fait est que au point d’ébullition de l’azote liquide, les changements du système biologique sont généralement réputés pour être négligeables et ce, pendant une période de cent ans ou de mille ans. La première supposition est qu’il est possible de refroidir un humain à de telles températures sans fondamentalement détruire les informations concernant sa personnalité et sa mémoire contenues dans son cerveau. La deuxième hypothèse, est que les progrès médicaux et scientifiques continueront jusqu’à ce que la technologie de la résurrection médicale ne soit limitée seulement que par les lois de la physique. Si ces hypothèses sont bonnes, la mémoire ainsi que la personnalité des gens préservés par les méthodes d’aujourd’hui, devraient être intactes après que ces gens soient ressuscités par les technologies futures, et le temps de voyage médical peut être utilisé en attendant que la sénescence puisse être contrôlée. Il ne faut que considérer les preuves relatives à la validité des deux hypothèses qui sont à la base de la possibilité du temps de voyage médical.

La technologie en cryopréservation subi des changements révolutionnaires présentement. En 1971, la seule méthode disponible pour préserver la viabilité pour une période indéfinie était la congélation. Arrêtons d’être toujours négatif en ridiculisant toute nouveauté et faisons confiance à la Vie, à la Science et l’avancement Technologique.

PFC : Certains ont opté pour ne préserver que leur tête… ça parait pas fou comme démarche ça ?

SB (rire) : nous croyons que l’intelligence, la mémoire et la personnalité sont déterminées de façon primaire par la structure et la chimie du cerveau humain. Le but de la cryonie est de préserver le cerveau de façon intégrale pour que son identité unique soit aussi préservée afin que la Science du futur puisse être capable de faire revivre la personne.  Mais bien que cette hypothèse soit communément acceptée en médecine, et que l’on sait que l’activité cérébrale peut rester un moment à l’arrêt et reprendre ensuite, l’idée de pouvoir conserver un cerveau avec les méthodes actuelles de façon suffisamment satisfaisante pour permettre sa résurrection reste mal acceptée. Les partisans de la cryonie mettent pourtant en avant des études qui laisseraient à penser que les fortes concentrations en cryoconservateurs circulant dans le cerveau avant son refroidissement peuvent empêcher son endommagement et feraient se conserver la structure fine des cellules qui seraient le siège supposé de la mémoire et de l’identité. Certaines personnes âgées ont accepté de ne conserver que leur tête (la neuro-suspension) et souhaiteraient avoir un corps récent, voir robotisé (bionique) dans certains cas ou de faire confiance à la nanotechnologie pour remédier aux maladies qui les ont amené à la mort. On peut également envisager le clonage.

La perte de toutes les informations du cerveau signifie que la personne a disparu de ce monde. Sans refroidissement spécial, la cryonie a peu de chance de fonctionner un jour. Parfois, cela peut se produire même lorsque le cœur bat encore, comme dans la maladie d’Alzheimer, ou en cas de «mort cérébrale» pour les patients en vie. La perte irréversible de la mémoire et de l’information de la personnalité dans le cerveau est parfois appelé le « critère de théorie de l’information » de la mort.

Certains scientifiques ont confiance dans le fait que la régénération des tissus sera perfectionnée au point où un corps humain pourra être refait à partir du cerveau. Cette technologie sera une progression naturelle venant des technologies imminentes qui seront capables de permettre la régénération vertébrale, la régénération des membres ainsi que la régénération des organes à la suite d’un grave trauma. Les Cryonicists sont confiants que la science future sera capable de refaire un nouveau corps, ils choisissent de ne préserver que leur cerveau. En pratique, cela signifie que la tête complète de chaque « neuropatient », étant donné que le crâne fourni une protection maximale pour le cerveau. Ce qui reste du patient est habituellement incinéré. Certains choisissent l’option « neuro » pour différentes raisons.

PFC : Être mort et revenir à la vie. Certains doivent trouver cela blasphématoire ? Crois-tu en l’existence de l’âme et ne pensez-vous pas que cette démarche est incompatible avec une certaine forme de spiritualité ?

SB : pour ceux qui croient en l’existence de l’âme …  je tiens à vous annoncer une bonne nouvelle (sourire).  « La cryogénisation n’empêche pas d’être croyant. Que nous soyons incinérées, enterrées ou congelées ne changera rien au destin de notre âme, si ca existe. » D’ailleurs, plusieurs personnes ayant opté pour la cryonie sont d’horizons divers : chrétiens, musulmans, juifs, etc.

PFC : Les corps sont gelés, certains craignent que le ralentissement de la décomposition du corps ne soit pas suffisant pour préserver les fonctions vitales. Qu’en dis-tu ?

SB : La préservation ne ralentit pas la décomposition, elle stoppe complètement le processus de décomposition. La cryonie ou cryogénisation (souvent confondue à tort avec la cryogénie), est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température) d’humains ou d’animaux dont la subsistance ne peut plus être médicalement assurée, dans l’espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement. Dans l’état actuel du savoir-faire médical, le procédé n’est pas réversible. Aux États-Unis, il ne peut être pratiqué que sur des humains pour lesquels un certificat de décès a été signé. La cryonie est toujours perçue de nos jours avec scepticisme par certains scientifiques et médecins. Cependant, un bon nombre de chercheurs qui espèrent de grandes avancées dans la médecine, notamment dans les nanotechnologies, qui pourraient permettre la régénération des tissus et des organes au niveau moléculaire, voire inverser les effets du vieillissement ou des maladies.

 

L’interview étant relativement dense, nous avons préféré vous la livrer en 3 articles. Nous retrouverons Stephan dans un prochain article où il nous expliquera un peu mieux ce qu’est la vitrification et en quoi cela se révèle un procédé relativement mature et fiable. N’hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez lui poser directement des questions. Merci à lui de partager avec nous sa vision de la cryonie.

En attendant, je vous invite à regarder un très bon reportage sur Magali et Stephan Beauregard passé sur une grande chaine canadienne en 2005 :

La suite de l’interview ici